SNCF : les syndicats mobilisent contre les réorganisations permanentes

Rédigé le 08/06/2026
par Thierry Bouvines, L'inFO militante

FO cheminots ainsi que d'autres syndicats de la SNCF appellent les agents à faire grève le 10 juin contre la politique de filialisation de l'entreprise et pour une nouvelle négociation sur les salaires.

Contre les restructurations permanentes, pour de meilleurs salaires. Les organisations syndicales représentatives des salariés de la SNCF ont déposé, le 6 mai, un préavis de grève pour la journée du 10 juin. Un appel que soutient la fédération FO des cheminots. Ils ressentent une colère générale car ils vivent une situation difficile, témoigne Christophe Prat, secrétaire général adjoint de la fédération. Depuis l'ouverture du ferroviaire à la concurrence, l'entreprise est en perpétuelle restructuration, C'est particulièrement difficile à vivre pour les salariés qui doivent préparer leur service à être filialisé et peut-être vendu.

Des réorganisations qui impactent la santé mentale et physique des agents

Les suppressions de postes, les réorganisations, les injonctions et pressions à la mobilité professionnelle sont le résultat d'une politique d'entreprise globale soulignent les syndicats.

Christophe Prat déplore quatorze suicides depuis le début de l'année. Les syndicats demandent donc l'arrêt immédiat des réorganisations qui portent atteinte à la santé mentale et physique des cheminotes et des cheminots. Et lorsque les filiales existent déjà, Jean Castex, le P-DG de la SNCF, demande à ce que les négociations se fassent par filiale et par société. Ce qui fait craindre aux syndicats, qu'il s'apprête à mettre fin à l'unité sociale. Ils demandent à ce que l'accord groupe sur le temps de travail s'applique de plein droit à l'ensemble des salariés, y compris à ceux des filiales créées pour répondre à des appels d'offre.

La demande d'une nouvelle négociation salariale

Cet appel à la grève intervient en outre à un moment où les prix augmentent fortement (+2,4% en mai après +2,2% en avril), notamment ceux des énergies fossiles. Des carburants particulièrement. Or, cette inflation concerne les cheminots, comme beaucoup d'autres travailleurs. Christophe Prat rappelle ainsi que lorsque les cheminots prennent leur service à 5 heures du matin, ils n'ont d'autre choix que de se rendre sur leur lieu de travail en voiture. Les négociations sur les salaires ont eu lieu au début de l'année. Elles ont abouti à un accord dont Christophe Prat rappelle qu'il était «non majoritaire» et qu'il a acté des augmentations «a minima» avec une prime et une augmentation générale de 1%, qui plus est en deux temps (2 x 0,5%).

Les syndicats, s'inscrivant dans cette mobilisation du 10 juin, ainsi FO, demandent, en soulignant le contexte de forte inflation, l'ouverture de nouvelles négociations salariales au niveau du Groupe SNCF. Les syndicats pourront également faire valoir que l'entreprise se porte bien et engrange des bénéfices : deux milliards d'euros pour 2025. De son côté, la direction aura peut-être à cœur de maintenir l'attractivité de l'entreprise, alors qu'elle prévoit 6 000 recrutements en 2026. Fidèles à nos traditions, nous appelons à la grève dès le 10 juin et à tenir partout des assemblées générales souveraines dans lesquelles les grévistes décident des suites, déclare Christophe Prat.