France Travail : l'accord GEPP rejeté lors d'un référendum

Rédigé le 02/04/2026
par Ariane Dupré, L'inFO militante

Le 19 mars, lors d'un référendum, plus de 62% des salariés de France Travail ont dit Non à l'accord sur la gestion des emplois et des parcours professionnels décrié par de nombreux syndicats. Une satisfaction pour FO, qui dénonçait un texte accompagnant des baisses d'effectifs dans les services support.

C'est un Non majoritaire : à 62,11%, les salariés de France Travail ont refusé l'accord sur la gestion des emplois et des parcours professionnels (GEPP) lors d'un référendum organisé entre le 12 et le 19 mars. L'accord, critiqué par la plupart des syndicats (dont FO), est donc réputé nul. Nous sommes très contents. Les salariés de France Travail ont bien compris que cet accord était néfaste pour tout le monde se réjouit Katia Obiang, DSC FO chez France Travail. Pour permettre au Non de l'emporter, FO a œuvré à la formation d'une large intersyndicale de sept organisations, avec y compris des syndicats non représentatifs. Et des tracts de cette intersyndicale ont été diffusés appelant les salariés à voter contre ce texte. Cet accord sur la GEPP, conclu 19 décembre dernier, n'a été signé que par deux organisations syndicales représentant 31,54% chez France Travail. Un score loin des 50% nécessaire pour valider le texte, mais qui a permis d'organiser ce référendum.

La mobilité ou la porte

FO, 2e organisation syndicale chez France Travail, s'est opposée depuis le début à cet accord GEPP, qui s'inscrit dans le cadre de la loi du 18 décembre 2023 pour le plein emploi. L'an dernier, l'opérateur a dû intégrer la gestion de plus d'un million de bénéficiaires du RSA, et cela sans effectifs supplémentaires. La direction avait alors lancé un plan dit d'efficience, qui prévoit une baisse d'effectifs (de 600 ETP en trois ans) dans les fonctions supports avec un redéploiement de ces postes vers les missions d'accompagnement. Or, l'accord GEPP est directement lié à ce plan. Il était donc hors de question pour nous d'accompagner des suppressions de poste explique Katia Obiang. Le texte prévoyait la mobilité (volontaire) de 400 salariés, des fonctions support vers des postes de conseillers emploi en agence, sur deux ans. Cela via un congé de mobilité interne, et une prime de 4000 euros. Dans ce cadre, aucun remplacement sur les postes concernés n'était prévu, dénonce FO, sceptique par ailleurs sur le caractère volontaire de ces mobilités alors que des baisses d'effectifs sont programmées. La création d'un congé de mobilité externe, inclus aussi dans cet objectif de transitions, a achevé de mettre le feu aux poudres. Il aurait permis à France Travail de licencier un salarié, ayant un projet professionnel externe, au bout de huit mois. En clair, c'était soit une mobilité vers le réseau des conseillers, soit la porte estime Katia Obiang, satisfaite que l'accord soit tombé.