Dans la bataille contre l'IA imposée de force dans la presse, ce jugement fera date : le 15 septembre, le tribunal judiciaire de Créteil a ordonné la suspension du projet de déploiement de l'IA au sein de GISI, une société du groupe Infopro Digital, éditeur de L'Usine Nouvelle ou de LSA. Ce jugement en référé donne raison aux élus du CSE, qui avaient saisi la justice sur un manquement à l'évaluation des risques psychosociaux. Le projet de GISI de supprimer huit postes de secrétaires de rédaction, remplacés par un outil IA, et de créer deux postes de chefs d'édition est donc suspendu.
Manque d'évaluation de la charge de travail
Les juges ont estimé que ce projet, mis en œuvre sur une base approximative
(le test IA n'a porté que sur trois articles, réalisés sans la rédaction), représentait des risques graves pour la santé physique et mentale des salariés. Ils somment donc l'employeur de réaliser des tests complets, en conditions réelles (numéros zéro réalisés avec l'IA) et de réévaluer si nécessaire la réorganisation du projet : On s'est battus pour dénoncer cette absence totale d'évaluation de la charge de travail avec cet outil d'IA. Les juges nous ont suivis
, se réjouit Jérôme Ribault, délégué du Syndicat national de la presse, de l'édition et de la publicité (SNPEP-FO).