Communiqué de la FEC-FO - Section fédérale FEC FO Commerce & VRP
Le changement de nom n'aura été qu'un sursis pour les salariés : les magasins ferment, les emplois disparaissent.
Ce mercredi 9 septembre 2026, le Tribunal de Commerce de Paris a prononcé la liquidation judiciaire d'Héritage 1896, exploitant les magasins André depuis leur reprise en janvier. Il n'aura fallu que quelques minutes pour que les grilles se ferment.
Pour les salariés, le choc est immense, c'est toute une vie qui s'effondre après l'espoir. Certains ont consacré plus de 30 ans à la marque de chaussures.
On a demandé aux salariés de s'investir, toujours plus, pour faire vivre l'entreprise, mais l'histoire s'arrête ici avec une brutalité sourde.
Et les éléments dont nous disposons rendent cette issue d'autant plus difficile à accepter ces décennies d'engagement qui semblent soudain peser bien peu.
En janvier dernier, la reprise prévoyait la poursuite de l'activité et des emplois, avec des engagements financiers.
Cinq mois plus tard, c'est la cessation de paiement. Les salariés ont pourtant alerté sur le manque de marchandises dans les magasins, tandis qu'une autre société liée au repreneur exploitait la marque André sur le net.
Cette reprise réunissait-elle réellement toutes les conditions? Cette question dépasse André.
Ce n'est pas la première fois que, lors de redressements ou liquidations, apparaissent des offres davantage intéressées par la marque et son exploitation en ligne que par les magasins et surtout les emplois. Alinéa en est un autre exemple récent.
Alors que l'AGS alerte sur des défaillances de plus en plus lourdes dans le commerce, cette évolution mérite d'être sérieusement interrogée. On solde les salariés puis on vante le désir des clients pour la marque qui peut survivre à l'entreprise avec l'essor du e-commerce et devenir plus attractive que son réseau physique.
Une tendance que nous ne pouvons pas laisser se développer sans garde-fous car derrière cette stratégie, il y a des femmes et des hommes qui, eux, doivent tout recommencer.
La section fédérale FEC FO Commerce & VRP soutient pleinement la section syndicale de cette entreprise dont, à force de reprises et de changements de structures, on finit presque par perdre l'identité, mais surtout ses salariés qui, après des décennies d'engagement, craignent aujourd'hui de ne pas retrouver d'emploi.