Investissements publics : un moteur qu'il ne faudrait pas gripper

Rédigé le 02/03/2026
par Valérie Forgeront, L'inFO militante

Comment se tiendront les investissements publics en 2026? Une inconnue, accompagnée déjà de prudence. Alors que le financement global de ces investissements s'est légèrement redressé entre 2024 et 2025 (passant d'un repli de 1,3% en volume à une hausse de 0,2%), celui des administrations publiques a fortement reculé, de +4,7% à -0,5%. Les dépenses d'investissement des ménages sont, elles, passées de -5,6% en 2024 à +0,8% en 2025. Toujours faibles, donc. L'investissement (privé) des entreprises, de son côté, à la faveur d'une confiance en hausse, se redresse, à 0,5% fin 2025 contre 0,2% fin 2024. En Europe, la France est l'une des championnes du financement de l'investissement public. Il représente 5,5% de son PIB. La France se situait en 2024 au huitième rang européen, mais en tête des pays ayant des économies comparables à elle. Ce financement représentait 9,6% des dépenses publiques en 2024. L'investissement public, par ses effets en cascade, participe à doper la croissance et donc l'emploi. Par exemple, 200000 emplois salariés marchands peuvent être créés sur deux ans après la décision d'une hausse de l'investissement ayant induit un effet multiplicateur sur le PIB de 1,4 point. «Pour la France, le modèle macroéconomique de l'Insee et de la direction générale du Trésor conduit à estimer cet effet multiplicateur d'un investissement public à 1,3 au bout d'un an puis 1,2 au bout de trois ans (contre 0,4 et 0,9 pour une baisse de la CSG, par exemple)», rap pelait en mai dernier une étude du site économique Fipeco.

Le rôle crucial des collectivités locales

L'investissement public est notamment assuré à 54% par les collectivités locales et à 38% par l'État et ses opérateurs. Signe de l'austérité qui perdure sur les dépenses publiques, la loi de finances pour 2026 a par exemple supprimé 1,1 milliard d'euros au programme France 2030, lancé en 2021 et prévoyant des investissements à hauteur de 54 milliards d'euros sur cinq ans. En matière énergétique, la loi a aussi substitué des certificats d'économie d'énergie aux crédits budgétaires. De leur côté, après avoir subi des réformes (taxe d'habitation, CVAE…) qui ont impacté leurs ressources, les collectivités locales, une nouvelle fois soumises à une diète budgétaire en 2026 (pour 2 milliards d'euros d'économies), risquent de diminuer leurs investissements. D'autant plus en cette année d'élections municipales. Or, ces collectivités ont notamment un rôle majeur dans la mise en œuvre de la transition écologique.