Se développer, se développer, se développer!
, soit œuvrer à la présence de FO sur l'ensemble du groupe La Poste, donc dans ses filiales, cela afin de défendre plus encore les droits des salariés : c'est l'objectif que se fixe chaque jour Noëlla Le Bourvellec, 58 ans, responsable des filiales des activités postales chez FO-Com.
Retracer le parcours professionnel et syndical de Noëlla Le Bourvellec, 58 ans, responsable des filiales des activités postales chez FO-Com, c'est forcément évoquer ses déplacements et déménagements, nombreux. Car la militante, originaire du Calvados, salariés de La Poste depuis 2000, d'abord en Alsace, n'a cessé de sillonner la France depuis l'obtention de son BEP Compta en 1988 à Bayeux. Ce fut d'abord un emploi saisonnier en Savoie au Club Med, puis aux remontées mécaniques en Maurienne. Puis, après une formation, un poste d'assistante en endoscopie, jusqu'en 1992, avant une pause de huit ans pour élever ses trois enfants. En 2000, retour à l'emploi. Noëlla devient donc factrice à Wissembourg, petite commune du Bas-Rhin, près de la frontière allemande.
Elle adhère alors à FO, pour les valeurs laïques, apolitiques de l'organisation
. Noëlla vise entre autres à défendre conditions de travail et salaires
. D'autant que les salaires des facteurs, lesquels ne sont plus sous statut, sont très bas souligne-t-elle. Depuis 2000, il n'y a plus d'organisation de concours de facteurs. Par ailleurs, il ne reste aujourd'hui que 30% de fonctionnaires à La Poste. Les recrutements se sont éteints en 2002. Noëlla reste d'ailleurs marquée
indique-t-elle, par le combat que la fédération a dû mener, de 2009 à 2021, ce qui s'est traduit notamment par l'engagement de quelque 5 000 recours, pour obtenir enfin l'égalité salariale entre les facteurs, soit l'obtention pour ceux étant salariés du complément de rémunération (dit «complément de poste») qui n'était accordé jusque-là qu'aux fonctionnaires.
2006, sonne pour Noëlla le départ en Ille-et-Vilaine. Elle rejoint alors son mari qui a été muté. L'année suivante, elle doit partir travailler à Loudéac, dans les Côtes d'Armor. Elle devient alors responsable d'équipe et s'investit dès 2008 dans la section syndicale départementale FO de La Poste, à Saint-Brieuc. En 2013, Elle est élue secrétaire départementale. Si Loudéac reste son ancrage professionnel, la militante est désormais détachée syndicale à plein temps. En 2020 toutefois, elle doit lâcher
à regret ce mandat. Tout cela, c'était trop
explique-t-elle. Et pour cause. Depuis l'arrivée en 2019 de Christine Besseyre au mandat de secrétaire générale de FO-Com, Noëlle – dont la famille a alors déménagé dans le Morbihan – se rend à Paris chaque semaine, ayant intégré l'équipe fédérale dédiée à la branche Courrier. En 2022, elle rejoint cette fois le secteur fédéral des filiales des activités postales. Elle en deviendra la responsable. Le tour de France n'est pas fini pour autant…
Ignorer les filiales, ce serait se tromper de combat!
J'interviens sur les sites, sur tout le territoire. Je fais par exemple de la médiation, dans le cadre de licenciements, de ruptures conventionnelles... Il y a aussi les questions de conditions de travail, les NAO, les problématiques salariales diverses, les dossiers sur des accords (handicap, séniors…). Là où nous n'avons pas de délégué syndical, j'y vais.
indique-t-elle. Depuis 2019, un gros travail vers les filiales a été impulsé par Christine. C'est très important car La Poste est de plus en plus filialisée. Si ce n'est pas le modèle social que nous apprécions, il faut être présent dans les filiales. Les ignorer, ce serait se tromper de combat!
insiste Noëlla.
La Poste compte environ 200 filiales, des petites et des grandes, – ainsi DPD, Chronopost, Docaposte, Viaposte, Nouvelle attitude… – et avec divers métiers : livraison, aide à domicile, data/logiciels, sécurité…
Le travail syndical engagé par la fédé produit ses effets. FO a des représentants dans les cinquante filiales importantes. En 2019, nous étions représentatifs qu'au sein des filiales historiques. Aujourd'hui, FO est dans beaucoup de filiales, y compris les petites. Nous sommes dans les CSE. Et lorsque nous n'y sommes pas encore, nous avons des adhérents
, appuie la militante, précisant que la fédération nomme des RSS (représentant de section syndicale). Les adhérents acceptent de monter des listes pour les élections. Lorsque l'on parvient à avoir un siège au CSE, on peut d'autant plus se développer ensuite.
Un développement qui profite bien sûr à la défense des droits des salariés. Dans les grandes filiales, la bataille se tient souvent sur les NAO. Dans les petites, – beaucoup de filiales gardent un seuil d'effectifs suffisamment bas pour ne pas avoir à créer un CSE – il s'agit souvent de faire appliquer le code du travail, d'obtenir des primes, de lutter contre le harcèlement dont des méthodes poussant le salarié à la faute pour le licencier…
FO-Com est désormais très présente dans les filiales
se réjouit Noëlla. A titre d'exemples, FO est 3e chez Docapost (qui compte actuellement 35 sociétés) ou encore la 2e organisation au sein du groupe géant Geopost (Pickup, DPD, Chronopost…).