RANDSTAD : une réorganisation qui veut laisser les salariés sans voix !

Rédigé le 17/07/2026
par FEC FO

FO INTERIM alerte les salariés du groupe Randstad sur les conséquences du projet «Intégral» annoncé par la Direction, ainsi que sur le contexte social dans lequel il intervient.

Une réorganisation aux effets immédiats sur la représentation des salariés

Selon les informations communiquées, le projet prévoit la disparition juridique des sociétés Randstad, Select TT et d'autres entités de l'UES, au profit d'une structure unique. Cette opération entraînerait mécaniquement la fin des mandats de l'ensemble des instances actuelles : CSE d'établissement, CSE Central, représentants syndicaux et délégués syndicaux, à tous les niveaux.

Pendant toute la période nécessaire à la mise en place d'une nouvelle représentation, les salariés se retrouveraient de fait sans interlocuteurs élus… au moment même où l'entreprise traverse une transformation majeure de son organisation.

Une contradiction que la Direction doit assumer Ce projet intervient alors que la Direction envisage, dans le même temps, une renégociation en profondeur de l'ensemble des accords collectifs applicables au sein de l'UES : des accords construits depuis plus de vingt-cinq ans. Autrement dit, au moment précis où les enjeux de négociation collective n'ont jamais été aussi importants pour les salariés, la Direction organise les conditions d'un affaiblissement, temporaire mais réel, de leur représentation.

Pour FO INTERIM, cet enchaînement pose une question simple : comment les salariés pourraient-ils peser sur des négociations appelées à redéfinir leurs droits, alors qu'ils n'auront plus, pendant plusieurs mois, de représentants pour porter leur voix?

Cette situation concerne au premier chef les salariés intérimaires et les salariés en CDI Intérimaire, qui constituent le coeur de métier du groupe. Si la reprise de leurs contrats et de leur ancienneté est annoncée, rien ne garantit à ce stade la continuité effective de leur représentation, ni leur capacité à peser sur les négociations à venir.

Un contexte déjà marqué par des élections différées

Cette situation ne peut s'apprécier indépendamment d'un fait déjà connu des salariés : l'entreprise aurait dû organiser de nouvelles élections professionnelles il y a trois ans. Ce retard a déjà privé les salariés de la possibilité de désigner leurs représentants d'entreprise et de branche lors du dernier cycle électoral. Le projet «Intégral» s'inscrit dans la continuité de cette période prolongée durant laquelle les salariés ont été privés d'une représentation renouvelée. Il risque, une nouvelle fois, d'en retarder l'exercice.

Ce que FO INTÉRIM demande

La représentation du personnel n'est pas une fin en soi : elle est l'outil par lequel les salariés font valoir leurs droits. C'est dans leur seul intérêt que FO INTERIM demande :
• une information complète et transparente sur le calendrier et les conséquences sociales réelles du projet;
• l'organisation sans délai des élections professionnelles, sans attendre l'issue de la réorganisation;
• des garanties concrètes sur la continuité de la représentation des salariés pendant toute la période de transition;
• l'ouverture de négociations permettant aux salariés, par l'intermédiaire de leurs représentants, de peser réellement sur les accords appelés à être renégociés.

FO INTERIM restera pleinement mobilisée pour que cette réorganisation ne se traduise pas par un affaiblissement durable de la capacité des salariés à défendre leurs droits.