L'emploi et la mobilisation des compétences pour la réindustrialisation
était l'un des thèmes évoqués lors de l'ouverture de la Conférence Travail-Emploi-Retraites le 5 décembre au CESE. Alors que les PSE se multiplient dans l'industrie, FO, qui par la voix de la secrétaire confédérale Patricia Drevon intervenait sur ce sujet, a revendiqué une réelle politique industrielle au long cours et déploré les dispositifs qui s'enchaînent sans suivi, comme celui de France 2030. Il faut une dynamique de réindustrialisation au service de l'emploi et des territoires
, a ainsi souligné Patricia Drevon. L'état de l'industrie est préoccupant, rappelle la confédération : 2,4 millions d'emplois industriels ont disparu depuis les années 1970, et de nombreux secteurs stratégiques, comme l'automobile, la métallurgie ou la chimie sont aujourd'hui en difficulté. L'industrie accuse un déficit commercial massif, tiré par les importations de produits manufacturés. À l'ouverture de la conférence le 5 décembre, FO a notamment défendu un protectionnisme intelligent
, permettant de défendre les emplois. Face aux stratégies de délocalisation qui s'accélèrent, la confédération a aussi rappelé une revendication de longue date : que les aides publiques accordées aux entreprises soient conditionnées à l'engagement du maintien de l'activité et des emplois en France. La réindustrialisation est structurante. Nous demandons qu'elle soit coordonnée, adossée à un investissement massif dans les qualifications, et conditionnée à des engagements sociaux et territoriaux
, a insisté Patricia Drevon.
Vers un cahier FO de revendications spécifiques
Le 9 décembre, la confédération a lancé pour sa part un cycle de travail sur la réindustrialisation avec les fédérations FO (métaux, FGTA, cheminots, chimie…). Travail qui se poursuivra en 2026. L'objectif est d'analyser les problématiques d'emploi dans chaque secteur, et de construire un cahier de revendications que chaque fédération pourra utiliser auprès de ses structures et auprès des ministères
, explique Rachèle Barrion, secrétaire confédérale au secteur de l'Économie et du Service public. Pour FO, la clé de voûte d'un travail de réindustrialisation, c'est la relance du Conseil national de l'industrie (CNI) qui définit les orientations stratégiques. Or cette instance, où siègent notamment les syndicats, pâtit actuellement de l'instabilité politique. Il faut aussi réfléchir à l'attractivité des métiers industriels. Il y a un véritable enjeu autour de la fidélisation des salariés et de l'anticipation des besoins de compétences
, souligne la secrétaire confédérale. La prochaine réunion se tiendra le 20 janvier au siège de la confédération.