L'objectif du plein-emploi porté par le chef de l'État semble de plus en plus inatteignable. Le taux de chômage au sens du BIT a de nouveau augmenté au quatrième trimestre 2025 pour atteindre 7,9% de la population active, soit le plus haut niveau depuis le troisième trimestre 2021, selon les chiffres dévoilés le 10 février par l'Insee. Chez les 15-24 ans, il atteint 21,5%, en hausse de 2,4 points sur un trimestre et de 2,8 points sur un an.
Quant au ministère du Travail (Dares), il estime que le nombre de demandeurs d'emploi sans activité (catégorie A) inscrits à France Travail, hors Mayotte, a augmenté, sur la même période, de 2,6% sur trois mois et de 6,8% sur un an, selon les données publiées le 29 janvier. Compte tenu des chômeurs en activité réduite (catégories B et C), la hausse est de 1% sur un trimestre et de 4,8% sur un an.
Chez les jeunes, la hausse est de 23,6% sur un an en catégorie A (sans activité) et de 17,1% en catégories A, B et C (avec ou sans activité réduite).
«Retournement» de tendance
Le ministère du Travail apporte un bémol à cette forte progression en rappelant l'inscription automatique, depuis janvier 2025, de l'ensemble des personnes sans emploi, en application de la loi Plein emploi. Il souligne aussi l'impact de la réforme du régime de sanction, qui a réduit le nombre de radiations automatiques depuis juin dernier.
Mais Éric Heyer, économiste à l'OFCE cité par l'AFP, interprète cette hausse par «une forte dégradation du marché du travail au quatrième trimestre», sans lien avec la loi Plein emploi. Il évoque, après des années de baisse ou de stabilisation du chômage, un «retournement» depuis le troisième trimestre 2024 et pointe notamment la hausse du nombre de demandeurs d'emploi de longue durée (+7,8% en un an). En octobre dernier, l'OFCE anticipait une hausse du taux de chômage de 0,4 point en 2025 et de 0,5 point d'ici fin 2026, pour atteindre 8,2% de la population active.