L'hôpital et l'ensemble des services publics, c'est notre bien à tous
rappelait jeudi 23 avril au matin Frédéric Souillot dans sa réponse aux congressistes du 26e congrès confédéral qui se tenait à Dijon du 20 au 24 avril 2026.
L'hôpital et l'ensemble des services publics, c'est notre bien à tous
rappelait jeudi 23 avril au matin Frédéric Souillot dans sa réponse aux congressistes du 26e congrès confédéral qui se tenait à Dijon du 20 au 24 avril 2026.
Ils ne font que détruire le système hospitalier. Chaque hiver, notre hôpital est incapable de faire face
fulminait Benjamin Delrue (hospitaliers d'Anger) dénonçant un nouveau gel des dépenses de la Sécurité sociale, cette fois à hauteur de deux milliards d'euros, annoncé le 21 avril par le gouvernement. «Il nous faut des bras et des lits. On ne peut pas accepter les coupes budgétaires qui mènent à la barbarie» martelait le militant. Les lits et les services ferment, les urgences saturent, il y a une précarité des conditions de travail… Les équipes sont épuisées
témoignait Sébastien Mazel pour le CHU de Montpellier, indiquant aussi la demande d'une PSC hospitalière performante
, le respect du ratio soignants/soignés ou encore, comme tous les agents publics, la hausse du point d'indice. De nombreux hospitaliers viendront faire part des mêmes constats sur le manque de moyens dans l'hôpital public à la tribune du congrès. Nous voulons soigner, aider et pas dans des conditions lamentables et inacceptables. Donc il faut de l'argent pour l'hôpital public
insistait René Sale (hospitaliers d'Aix-Pertuis). Didier Birig, secrétaire général de la fédération FO-SPS indiquera ainsi : En 2022, la situation était catastrophique dans les hôpitaux. Actuellement, c'est pire! Mais, nous resterons debout!
lançait-il à la tribune dénonçant lui aussi la décision gouvernementale du gel de deux milliards d'euros.
Ne pas sacrifier notre modèle social
Sylvain Dolza, salarié du secteur privé chez Airbus Helicopters saluera à la tribune les camarades subissant dans leur travail le manque de moyens budgétaires, notamment les hospitaliers. Le gouvernement nous regarde comme une réserve perpétuelle d'économies
s'indignait, participant à son premier confédéral, Luc Weinstein pour le syndicat des ingénieurs des Travaux Publics de l'État et des Collectivités Territoriales (SNIPECT-FO). Il y a 140 000 travailleurs, du public et du privé qui travaillent dans le secteur des eaux indiquait de son côté Noui Bourahli (Union nationale des eaux, rattachée aux Territoriaux FO). Ils travaillent, dans ce secteur essentiel, vital, et avec une pénibilité réelle, pour que l'on ouvre son robinet d'eau sans y penser. Mais ceux qui travaillent dans ce secteur ne sont pas reconnus. Or, cette pénibilité doit être reconnue, financée et compensée. C'est une dette que l'on doit à ces salariés.
Les efforts budgétaires de guerre ont des répercussions sur l'hôpital, l'école (par des fermetures de classe et la diminution du nombre d'enseignants), sur la Sécu, par exemple par la fermeture de centres de soins…
détaillera encore un militant. Pour Elodie Papin (FO Action sociale du Maine-et-Loire), l'économie de guerre ne doit pas être le sacrifice de notre modèle social
. La militante reprenait comme beaucoup la revendication de la confédération d'un blocage à 1,50 euro des prix de l'essence
. Les salariés sont en souffrance
rappelait-elle demandant entre autres une revalorisation des frais kilométriques de déplacement pour les aides à domicile. Pour l'instant, celles-ci doivent payer pour aller au travail
. Avec le secteur de la Santé privée, on appelle à la lutte contre l'austérité. Plus d'un million de salariés du secteur de l'Action sociale subissent une année blanche
s'indignait Michel Poulet (FO Action sociale- Bas Rhin). Un autre militant du secteur évoquant le tassement des grilles à chaque flambée de l'inflation
. Toutes les conventions du secteur ont des grilles sous le Smic
relayait Gautier Grassin d'Indre-et-Loire évoquant les difficultés dans le secteur de la petite enfance, les budgets des établissements spécialisés toujours plus rognés… Il y a une volonté de dénationaliser des services publics
s'alarmait Gabriel Gaudy (UD de Paris). Alors que plusieurs délégués avaient lancé le slogan de l'argent pour l'hôpital, pas pour les Rafales
, le secrétaire général de FO répondait : Mais ça doit être pour les deux!
. Et de rappeler que l'industrie de la Défense qui n'est pas délocalisable
compte 250 000 emplois, sans compter quatre fois plus d'emplois induits.
Quand l'austérité pèse toujours plus
Il y a danger d'une casse du Statut général de la Fonction publique. Des batailles seront de toute évidence à mener
soulignait Emmanuel Baudin (FO Justice) engagé comme d'autres dans la campagne pour les élections professionnelles qui auront lieu en décembre dans la Fonction publique. Ça craque de partout à l'éducation nationale, et notamment chez les cadres, . Il y a une maltraitance institutionnelle
pointait la militante rappelant que les conditions de carrières et de rémunérations ne correspondent pas à la charge de travail, au périmètre de responsabilité. Il y a une dérive des missions, on devient des personnels à tout faire
. On veut des moyens à la hauteur des missions. Et le Nouveau management public, on est contre et c'est un débat de fond
expliquait Stéphanie Saint-Léger pour le jeune syndicat FO des inspecteurs de l'éducation nationale. La baisse démographique ne doit pas servir à la baisse du nombre d'enseignants
soulignait la militante déplorant les pressions dans le travail, la perte de sens, et s'inquiétant d'une remise en cause du Statut. Des propos que l'on pouvait entendre aussi de la part de plusieurs représentants du syndicat des personnels administratifs, le SPASEEN-FO, dénonçant entre autres la loi 3DS qui conçoit la mise sous une double tutelle des personnels d'encadrement des établissements (EPLE) : celle de l'État et de la collectivité de rattachement de l'EPLE. Cela renforce la menace, déjà dans les tuyaux, d'une territorialisation complète de ces agents. Pour le syndicat des lycées et collèges (SNFOLC), François Pozzo Di Borgo, rappelant que l'école laïque est une conquête de la classe ouvrière et que la laïcité est l'affaire de tous
dénonçait plusieurs décennies de baisse des dépenses publiques
, la suppression de 4 000 postes d'enseignants à la rentrée 2025 et le financement toujours important de l'enseignement privé (douze à quinze milliards pour deux millions d'élèves).
A la DGFIP (finances publiques) plus de 34% des effectifs et près de la moitié des implantations ont été supprimés depuis 2003
indiquait Olivier Brunelle. Les collègues sont à bout mais continuent de faire vivre le service public. Nous avons l'exigence de l'arrêt des suppressions d'emplois
appuyait le militant déplorant un manque à gagner annuel pour le budget de l'État de plus de 62 milliards d'euros en termes de recettes fiscales, depuis 2017
. Autres secteurs bien différents mais avec aussi des constats budgétaires inquiétants. La Culture ne doit pas être la variable d'ajustement budgétaire
lançait à la tribune Annouck Eudeline pour le syndicat FO SN3M des musiciens (notamment des conservatoires, rattachés à la branche des territoriaux au sein de la fédération SPS-FO). Défendons nos emplois et nos salaires contre les seigneurs de Bercy
martelait de son côté Abdelhakim Abouloukoul de L'AFPA, rappelant que l'institution que l'on ne laissera pas détruire
est une conquête sociale de l'après-guerre
. L'Afpa qui a subi plusieurs réformes dont sa régionalisation et pour laquelle très peu de moyens sont mis
est passée de 12 000 salariés en 1993 à 5 000 actuellement. On est à la veille d'une période de grande incertitude
analysait de son côté Luc Benizeau (OSDD Val de Marne) évoquant les annonces récentes du gouvernement, soit le gel récemment annoncé des dépenses publiques, à hauteur de six milliards d'euros, dont quatre impactant l'État. Notre propre administration nous vide de notre substance, le point d'indice est dans le permafrost, les grilles sont tassées...
, listait Laurent-Theo Joly pour le syndicat FO-Douanes. Or un douanier qui ne peut vivre de son travail, cela signifie un service qui se fissure
lançait-il. Au ministère des Armées expliquait Valery Michel, on compte 65 000 personnels civils. En 2010, on enregistrait 54 000 postes supprimés en quelques années. C'était toujours moins pour la Défense, mais aussi toujours moins pour l'école, les hôpitaux, etc. Nous n'opposons pas les budgets
insistait le militant décrivant la réalité actuelle des agents : la loi de programmation militaire n'a rien amélioré pour eux. Il manque 32% de rémunération sur la feuille de paye
.
Objectif : gagner les élections de décembre
Pour FO-Fonction publique, Christian Grolier ironisait sur les groupes de travail «mieux vivre de son travail» voulus par le ministre David Amiel quand la réalité des 5,8 millions d'agents publics est l'austérité budgétaire, les suppressions de postes, les salaires indiciaires gelés…
. Et le militant de rappeler l'importance des élections dans la Fonction publique, du 3 au 10 décembre 2026. On doit gagner, on doit être solidaires sur les trois versants
.