Un encadrement plus strict du CPF et l'augmentation du reste à charge

Rédigé le 30/10/2026
par Sandra Déraillot, L'inFO militante

Toujours dans l'objectif de limiter les dépenses publiques, le PLF 2027 vise à recentrer les projets de formation financés par le compte personnel de formation sur une liste de métiers et secteurs prioritaires. Il entend augmenter la participation financière des candidats demandeurs s'ils sortent des critères de cette liste.

Après les réformes successives du compte personnel de formation (CPF), l'orientation du dispositif est à nouveau modifiée dans le projet de loi de finances pour 2027. Le texte prévoit sa réorientation vers des formations plus certifiantes, qui seront définies par arrêté et débouchant sur des métiers en tension ou des secteurs considérés comme prioritaires par le gouvernement.

Les organisations syndicales n'ont pas été consultées à propos de ce sujet, Il est question des métiers du médico-social ou de l'industrie, mais il y a aussi des besoins dans d'autres filières comme les métiers de la restauration.

Une entrave au libre choix de carrière

Si elles sont adoptées, ces dispositions entraveraient la liberté pour les salariés de choisir leur projet de carrière puisqu'un renforcement des conditions de mobilisation du CPF est aussi annoncé. Ainsi, un projet ne correspondant pas aux filières considérées comme prioritaires pourrait être poursuivi, mais les candidats seraient soumis à un reste à charge augmenté, y compris les demandeurs d'emploi.

Le montant de ce reste à charge n'est pas précisé dans le texte, mais le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, a indiqué qu'il pourrait passer de 150 euros (actuellement) à 350 euros. Cette mesure aurait par ailleurs une portée rétroactive puisque toute demande de formation validée depuis le 2 octobre 2026 pourrait être soumise à cette augmentation. Un avertissement est d'ailleurs présent sur la page d'accueil moncompteformation.gouv.fr., avant même que le PLF pour 2027 soit adopté.

Une fracture entre les salariés

La participation crée une fracture entre salariés, s'insurge Yanis Aubert. Les plus précaires, qui voudront se réorienter alors qu'on vient de rallonger les carrières de deux ans avec la réforme des retraites de 2023, n'auront pas les moyens de dépenser une telle somme.

Pour FO, ces dispositions sont un nouveau coup d'arrêt à la formation professionnelle. La confédération demande le retrait pur et simple du reste à charge et le maintien de l'exonération pour les demandeurs d'emploi.