F ace à la crise énergétique liée à la guerre déclenchée le 28 février au Moyen-Orient, la Commission européenne a décidé d'apporter un modeste assouplissement aux règles contraignantes appliquées aux déficits publics de ses États membres. Elle accorde ainsi une dérogation aux dépenses publiques destinées à financer des mesures visant à réduire le recours aux énergies fossiles, à hauteur de 0,3% du PIB national par an, dans une limite de 0,6% jusqu'en 2028. Ces dépenses (aides au changement de chaudière, à l'installation d'une pompe à chaleur ou de panneaux solaires, à l'achat d'un véhicule électrique...) ne seront pas incluses dans l'appréciation du niveau de déficit public (État, collectivités locales et Sécurité sociale). Mais le niveau de déficit maximum autorisé reste toutefois fixé à 3% du PIB.
Impact sévère sur les secteurs ministériels
La France est, quant à elle, sous surveillance et fait déjà l'objet d'une procédure de déficit excessif. Le déficit était de 5,8% en 2024 et de 5,1% en 2025. Un niveau de 5% est visé pour 2026. L'effort semble satisfaire la Commission. Celle-ci réclame néanmoins davantage d'efforts, alors même que le gouvernement a procédé récemment au gel et à l'annulation de crédits, à hauteur de six milliards d'euros, dont près de quatre impactant directement l'État. L'objectif de cette initiative serait de compenser le coût pour les finances publiques de la guerre au Moyen-Orient. Dans les faits, l'initiative se traduit par 400 millions d'euros annulés ou gelés dans le plan d'investissement France 2030, la même somme qui disparaît du budget du ministère du Travail et de l'Emploi; 370 millions qui échappent au budget de l'administration pénitentiaire; 311 millions qui désertent la cohésion des territoires; le secteur de la recherche et l'enseignement supérieur qui se voit privé de quelque 324 millions d'euros... Et un nouveau plan d'économies pourrait être présenté lors du prochain comité d'alerte des finances publiques, fin juin.
Alors qu'une nouvelle cure d'austérité est à craindre, FO milite quant à elle pour un encadrement strict des marges dans les secteurs de l'énergie, le blocage des prix des carburants et, plus que tout, une augmentation des salaires, tant dans le privé que dans le public.