Unilever vend sa branche alimentaire : incertitudes sur l'emploi

Rédigé le 13/05/2026
par Ariane Dupré, L'inFO militante

Le 31 mars, Unilever a annoncé la vente de sa division alimentaire (dont Amora et Maille pour la France) au groupe agroalimentaire américain McCormick & Company. FO s'inquiète en particulier de l'avenir du personnel du siège de la division alimentaire en France.

À quelle sauce seront mangés les salariés d'Amora et de Maille en France? Cela reste inconnu pour l'instant, alors qu'Unilever, propriétaire de Maille, d'Amora et de Knorr, a annoncé le 31 mars se séparer de sa division alimentaire, qui va être cédée au groupe américain agroalimentaire McCormick & Company d'ici mi-2027. La nouvelle n'a pas surpris les syndicats. On savait depuis longtemps que l'alimentaire n'intéresserait plus Unilever. Au fil des ans, ils ont beaucoup licencié , indique Benoît Chauvot, délégué syndical FO du site Amora-Maille à Chevigny-Saint-Sauveur, près de Dijon. Unilever a ainsi fermé trois sites d'Amora-Maille en 2009, dont l'usine historique de Dijon, supprimant une centaine d'emplois. Toute la fabrication a alors été centralisée à quelques kilomètres de la ville, sur le site de Chevigny-Saint-Sauveur. En 2021, le groupe a également fermé l'usine Knorr à Duppigheim dans le Bas-Rhin, un PSE de près de 300 emplois contre lequel FO s'est battu. Avec cette vente, Unilever, qui possède aussi Dove et Axe en France, entend se recentrer sur le marché des soins et des cosmétiques.

La crainte d'une réorganisation au siège

Depuis l'annonce de cette vente à McCormick, nous sommes dans un flou artistique complet. On ne sait pas quel type de réorganisation va se profiler , explique Benoît Chauvot. Le militant espère avoir plus d'informations après l'été, sachant que la tenue d'un comité de groupe, une rencontre entre les syndicats et les dirigeants d'Unilever, est prévue en décembre prochain. Pour l'heure, le délégué FO dit ne pas craindre pour l'avenir des 210 salariés de l'usine de Chevigny-Saint-Sauveur : Il serait impossible de réduire davantage les effectifs. L'usine tourne à plein. Elle est ultra-profitable et difficilement délocalisable. Benoît Chauvot se dit en revanche plus inquiet pour les 150 salariés du siège de la division alimentaire d'Unilever à Rueil-Malmaison, en banlieue parisienne : Ils sont susceptibles d'être touchés par une réorganisation à la suite de cette vente. À l'échelon du comité d'entreprise européen d'Unilever, les syndicats ont affirmé qu'ils lutteraient pour le maintien des emplois.