Les propositions salariales des organisations patronales du transport sont toutes inférieures à 1%, à l'exception du secteur du transport de voyageurs (+1,3%). La fédération nationale des transports et de la logistique FO-UNCP FO livre son analyse de la situation. Légitimement pas tendre.
Les négociations annuelles obligatoires (NAO) dans la branche des transports ne sont pas encore terminées mais il semble acquis que les salaires conventionnels seront très peu augmentés ou pas du tout, selon les secteurs. La fédération nationale Transports et logistique FO-UNCP considère que [les] propositions patronales sont très loin du compte et ne permettent ni de compenser les pertes de pouvoir d'achat accumulées, ni de reconnaître la pénibilité et l'engagement des salariés du secteurs
, déclare Patrice Clos, secrétaire général de la fédération, dans un communiqué daté du 11 mars.
Rien sur les salaires; 1% sur les frais de route
Dans le détail, les 424 000 salariés du transport routier de marchandises (TRM), premier secteur de la branche, ne bénéficieront d'aucune augmentation si les choses restent en l'état. La partie patronale n'a en effet fait aucune proposition officielle
, signale Stanislas Baugé, secrétaire fédéral FO. Les grilles n'ont pas été revalorisées depuis 2023
, rappelle de son côté Quentin Quemener, également secrétaire fédéral.
Depuis 2020, les salaires du TRM ont même perdu 5,44% par rapport au Smic, calcule la fédération. Les salariés obtiennent tout de même une revalorisation (+1%) de leurs frais de route (repas, grands déplacements), mais qui ne constituent pas du salaire et n'ouvrent droit à aucune protection sociale. Les salariés des secteurs du déménagement et du transport de fond obtiennent également cette revalorisation.
Dans le transport routier de voyageurs, qui emploie 107 000 salariés, ces derniers obtiennent 1,3% d'augmentation linéaire : pour tous les salaires de la grille. Pour autant, FO ne signe pas la proposition d'accord car ces revalorisations sont insuffisantes par rapport à l'inflation et ne permettent pas d'écarter les minima du niveau du Smic
, déclare Quentin Quemener.
Un centime au-dessus du Smic
Chez les ambulanciers (67 000 salariés), la proposition patronale est également de… 0%. L'argument des employeurs était qu'ils ne pouvaient rien négocier tant que la loi de finance de la Sécurité sociale n'était pas votée
, rapporte Quentin Quemener. Les tarifs des transports sanitaires sont en effet fixés par l'Assurance maladie. Une prochaine réunion est programmée le 30 mars.
Dans le secteur de la logistique (60 000 salariés), la proposition patronale avancée lors de la réunion du 12 mars se limite à 1% d'augmentation, ce qui placerait le premier niveau de la grille à seulement un centime au-dessus du Smic
, pointe la fédération dans un communiqué publié le lendemain. Les employeurs arguent de l'instabilité due à la guerre
, explique Stanislas Baugé. La négociation paraît terminée puisque, contre toute attente, les organisations patronales ont décidé de mettre fin aux discussions dès cette seconde réunion, sans même attendre la troisième réunion habituellement prévue
, rapporte FO.
Dans le secteur du déménagement (10 000 salariés), le patronat propose des augmentations inférieures à 1%, et qui ne seraient effectives qu'à partir du mois de juin.
FO demande +3,5% et un 13e mois
Sans évolution significative des propositions patronales, la responsabilité d'un durcissement du climat social dans la branche incombera pleinement aux organisations d'employeurs ainsi qu'à notre ministre des Transports, qui socialement ne fait rien depuis son arrivée
, prévient Patrice Clos dans le communiqué précité. Quentin Quemener prévient de son côté que FO réfléchit à une semaine noire dans les transports; nous sommes en discussion avec toutes les organisations syndicales de la branche
. Nous sommes devant une Smicardisation de la branche
, analyse-t-il.
Il rappelle les revendications de FO, communes à tous les secteurs de la branche : des salaires augmentés de 3,5% pour rattraper les années blanches
; un 13e mois conventionnel et la suppression des jours de carence pour arrêt maladie.