FO signe dans les branches du textile

Rédigé le 07/04/2026
par Thierry Bouvines, L'inFO militante

Les NAO des deux branches du textile aboutissent à des accords signés par FO. Si les augmentations de salaire obtenues ne répondent pas pleinement aux attentes, elles permettent néanmoins d'améliorer le pouvoir d'achat des salariés.

FO a signé, mi-janvier, les accords salariaux dans les deux branches du textile. Dans celle des industries textiles, les 62 000 salariés obtiennent des augmentations de 1,3% sur l'ensemble de la grille. Cela revalorise son premier niveau à 1 853 euros bruts mensuels, soit 30 euros au-dessus du Smic, lui-même porté à 1 823,03 euros au 1er janvier 2026. Une avancée mais en demi-teinte pour FO. Nous avions demandé une augmentation significative de 3%, bien au-dessus du niveau du minimum légal afin de rendre cette grille-là plus attractive possible, commente Véronique Breger, secrétaire fédérale, responsable des branches du textile à la fédération FO de la chimie. FO a toutefois signé l'accord, de même qu'un autre syndicat, pour les salariés des entreprises qui n'ont pas de délégués syndicaux et dont les patrons paient au ras de la grille, explique la militante. Lors des négociations, les organisations syndicales ont unanimement refusé la proposition patronale de +1,2%. Devant ce refus, le négociateur patronal a finalement obtenu de ses mandants de porter la proposition à +1,3%. Une revalorisation qui intervient dans le contexte d'une inflation moyenne de 0,9% en 2025, qui sert de référence pour les NAO de l'année suivante.

Textiles artificiels : des NAO sur fond de difficultés dans la branche

Dans la branche des textiles artificiels, synthétiques et produits assimilés, qui emploie 2 500 salariés dans des entreprises travaillant en continue, la négociation a mené à un accord finalement unanime.

Si FO -défendant une revalorisation à la hauteur des attentes des salariés – revendiquait initialement une augmentation salariale de 3% sur l'ensemble de la grille, elle a décidé de parapher l'accord d'une hausse de 1,5%, signature tenant compte du niveau moyen (0,9%) de l'inflation en 2025 ainsi que des difficultés de la branche. Des difficultés soulignées par le patronat au cours de la négociation. Celui-ci, évoquant la situation économique fragile des entreprises de la branche, a campé sur sa proposition plafonnant à 1,5% l'augmentation salariale. Outre l'obtention de cette hausse supérieure à l'inflation, les salariés qui travaillent de nuit ou en horaires décalés ont aussi décroché une revalorisation du montant de l'indemnité journalière de panier de nuit, qui passe de 7,30 à 7,50 euros.

Il est à noter que les branches de l'industrie textile et celle des textiles artificiels sont en train de fusionner, suite à un accord signé en 2024. Toutefois leurs grilles de rémunération sont encore séparées et les salaires négociés indépendamment. Ces grilles devront être fusionnées à l'horizon 2027. Véronique Breger signale que les salariés des textiles artificiels conserveront leurs acquis. Elle anticipe cependant déjà des problèmes pour harmoniser les derniers niveaux des deux grilles, ceux du textile artificiel étant largement supérieurs à ceux de l'industrie textile.