26e congrès confédéral : c'est parti pour une semaine !

Rédigé le 20/04/2026
par Valérie Forgeront, Clarisse Josselin, L'inFO militante

Nous sommes le lundi 20 avril et c'est le jour J pour l'ouverture au Parc des expositions de Dijon du 26e congrès confédéral. C'est donc parti pour une semaine de débats et d'échanges qui aboutiront -via l'adoption de trois résolutions- à la fixation de la feuille de route de FO pour les années à venir. A l'issue de ce congrès qui accueille autour de 3500 personnes -dont bien sûr en grande majorité des délégués porteurs de mandats- se tiendra le 24 avril dans l'après-midi un Comité confédéral national (CCN) au cours duquel auront lieu des élections pour le renouvellement des instances.

Avant la levée de rideau ce lundi matin, le congrès en était hier à ses derniers préparatifs, les camarades FO de Dijon et de Paris procédant aux ultimes installations et réglages en tous genres mais aussi à l'accueil des premiers congressistes venant notamment s'enregistrer et retirer leurs badges. L'occasion pour l'inFO militante d'aller à leur rencontre.

Jean-Marie, 54 ans, et son épouse Karine, 51 ans, sont venus en famille, avec leur fille. Tous deux sont des locaux , Jean-Marie travaille dans le secteur Papier-Carton (Fédération FO-Construction) à Longvic dans la banlieue de Dijon. Karine, elle, est agente dans le versant territorial de la Fonction publique, dans le secteur de la petite enfance au sein de la capitale de la Côte-d'Or. Elle travaille pour la ville depuis trente ans et est syndiquée FO depuis trois ans. Lui est délégué syndical et secrétaire du syndicat FO dans l'entreprise où travaille, et est adhérent FO depuis quatorze ans.

C'est pour eux deux leur premier congrès. Cela va être une découverte totale, notamment du fonctionnement de l'instance indique Karine évoquant quelques revendications propres à la Fonction publique : la hausse des salaires et le recrutement d'effectifs supplémentaires. Fonctionnaire, donc concernée par les élections professionnelles qui auront lieu en décembre dans les trois versant du secteur public, Karine a déjà noté la date du passage à Dijon du car que l'Union interfédérale FO utilisera pour un tour de France en 33 étapes dans le cadre de la campagne pour ce scrutin majeur. L'étape de Dijon «ce sera le 16 septembre» rappelle-t-elle et elle a déjà prévu de déposer un jour de congé à cette date afin de participer à cet événement de mobilisation. Jean-Marie -qui, bénévole pour l'organisation lors de cette semaine de Congrès est affecté au bar-, compte bien aussi découvrir ce que sont les débats d'un congrès confédéral. Il souhaite que soit évoquée toute l'actualité sociale, notamment toutes les difficultés dans les boîtes. Ainsi les PSE. Et le militant d'estimer aussi qu'il y aura un gros travail à faire pour être concret sur ces problèmes dans les résolutions.

Ce congrès, c'est une manière d'apprendre beaucoup des autres

En ce dimanche baigné d'un franc soleil sur la capitale de la Bourgogne, Claire, 56 ans, arrive, elle, du Val d'Oise, son lieu de résidence. Mais, la cheminote, depuis 1997, est basée pour son travail à la gare Saint-Lazare à Paris. Claire, syndiquée FO depuis 2021 est secrétaire de l'Union régionale FO-Cheminots. Et pour cette militante, c'est aussi le premier congrès confédéral. Je suis comme un bébé, c'est une grande découverte! Claire se réjouit déjà de cette semaine qui va lui permettre de rencontrer d'autres militants et elle s'attend à constater que les problèmes et revendications des cheminots ont aussi des points communs avec celles des autres salariés. Ce congrès, c'est une manière d'apprendre beaucoup des autres, de voir comment ils parviennent à militer et parfois avec moins de moyens que nous» explique Claire rappelant que «l'ouverture à la concurrence du secteur du rail, c'est «The» problème!

Pour Aurélie, 51 ans, ce congrès dijonnais sera aussi le premier congrès confédéral auquel elle participera. Elle qui travaille à la Caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) de l'Essonne y participe au nom de la chambre syndicale de la région Ile-de-France. Participer à un congrès me permet d'affirmer ma position de militante, explique la camarade, adhérente FO depuis 2001. Elle est notamment là pour prendre la défense de la Sécurité sociale, qui a fêté ses 80 ans, et qui est attaquée de toutes parts, entre autres en ce qui concerne la retraite. J'ai des choses à dire, je veux alerter sur les menaces qui pèsent sur la Sécurité sociale, où FO est majoritaire, et prendre part à la résolution sociale, indique-t-elle.

Thierry, 56 ans, est lui ingénieur hospitalier à Cayenne. Et ce dimanche après-midi, il vient lui aussi retirer son badge à l'accueil du congrès. Adhérent à FO depuis une dizaine d'années, il est désormais détaché à plein temps. Dijon sera son troisième congrès. Cet événement est pour le militant, qui se rend une fois par an à la fédération FO-SPS, une opportunité d'échanger avec les camarades ultramarins de la santé, avec qui on travaille de plus en plus ensemble. C'est aussi l'occasion de rencontrer des camarades à l'échelon interprofessionnel. Thierry aimerait profiter de ce congrès pour mettre sur pied des formations à destination des militants guyanais, qu'une ou deux personnes puisse se rendre sur place pour former les camarades, explique-t-il. D'autant que les élections dans la fonction publique auront lieu en décembre prochain, juste avant la fusion -programmée en janvier 2027- de tous les établissements hospitaliers de Guyane en un CHU.

Il faut une réindustrialisation de la France

Gilles, 55 ans, à la tête du syndicat départemental des assurances dans le Nord, s'apprête, lui, à participer, à Dijon, à son troisième congrès. Adhérent FO depuis 2009, il est aussi membre des commissions administratives de l'union départementale du Nord et de l'union locale de Lille et appartient à la section fédérale de la FEC-FO. Un congrès est pour le militant une occasion de participer à la vie de la confédération, en représentant les adhérents FO et les sections syndicales. Un congrès, cela permet de s'ouvrir à tous les horizons, de rencontrer des copains d'autres fédérations et d'autres régions. C'est aussi un moment d'échanges avec les autres collègues des assurances, ajoute-t-il prévoyant déjà, à son retour, de faire remonter des informations aux camarades restés dans le Nord.

Cécile, 47 ans, arrive, elle, de Charente-Maritime. Professeur d'histoire-géographie dans le secondaire, elle est adhérente FO depuis 2014. Un congrès c'est important, cela permet de participer à la construction de la feuille de route de FO, ce qui est fondamental. Cela permet aussi d'organiser les luttes, lesquelles sont indispensables. Nous sommes dans un moment où les droits des travailleurs sont attaqués très fortement et on a besoin d'une organisation syndicale forte.

Virginie, 50 ans, arrive de Moselle avec un groupe de camarades. C'est son deuxième congrès. Elle travaille chez Stellantis à Trémery (qui fabrique des moteurs thermiques) et est secrétaire du syndicat FO. A Trémery, 3000 emplois ont disparu en cinq à dix ans déplore-t-elle. A Metz, dans une autre unité qui fabrique des boites-de-vitesse, l'usine est à moitié vide de ses machines et 2000 emplois ont été supprimés complète une camarade de Metz. Il faut être conscient du mal-être dans l'automobile souligne Virginie, inquiète et notant comme l'ensemble des militants qui l'accompagnent que la zone de coentreprise mosellane, liant Nidec et Stellantis sur la motorisation électrique, «ça ne marche pas trop. Les emplois sont menacés. La production part en Italie». Et ce groupe de camarades FO de réagir fermement : il faut une réindustrialisation de la France et il faut demander à nos politiques de se bouger pour cela. La réindustrialisation, une des revendications majeures de FO, sera assurément l'un des thèmes abordés lors de ce 26e congrès qui s'ouvre ce matin.