L'économie est à l'arrêt
, Aujourd'hui, si on n'a pas le redressement budgétaire qu'on a mis dans le budget, on ira dans le mur
, a déclaré le 30 octobre le ministre de l'Économie et des Finances, Roland Lescure, alors que les chiffres de la croissance, publiés par l'Insee, venaient de tomber. Le PIB recule de 0,1% au troisième trimestre, après avoir stagné au deuxième et reculé de 0,2% au premier. L'inflation quant à elle atteint 3,4% en octobre sur un an (3,1% en septembre). Alors que l'économie flirte avec la récession (effective quand le PIB recule sur au moins deux trimestres consécutifs), le gouvernement vise toujours à ramener le déficit public à 5% du PIB. Pour l'instant, le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) a été rejeté en première lecture par les députés le 23 octobre. Le texte va au Sénat du 9 au 17 novembre. Le projet de loi de finances (PLF) est lui à l'Assemblée jusqu'au 16 novembre. Sur fond de pouvoir d'achat mal en point (la consommation des ménages a reculé de 0,5% en septembre), les travailleurs et les assurés sociaux s'inquiètent, eux, de dispositions qui, à court ou moyen terme, les impacteraient durement encore. Ainsi en est-il de la progression limitée à 2% des dépenses d'Assurance maladie, ou encore du gel des prestations familiales, de la désindexation de certaines pensions de base, du risque de hausse des tarifs des contrats par le maintien d'une taxe (plus d'un milliard d'euros) sur les mutuelles (rejetée par les députés), de l'effet d'une réforme du barème de l'allocation personnalisée d'autonomie (APA) induisant un reste à charge plus important pour nombre de personnes âgées…
Pour les travailleurs, la préoccupation du salaire
Le patronat quant à lui presse toujours le gouvernement de renoncer à ses mesures (rejetées à l'Assemblée le 22 octobre) touchant (pour moins de 4 milliards d'euros) aux allègements de cotisations (chaque année autour de 70 milliards d'euros). Elles induiraient, selon lui, une hausse du coût du travail
et entraveraient
, d'autant plus dans le contexte économique, les négociations salariales. Reçue au ministère du Travail le 23 octobre, FO a rappelé sa demande de conditionner l'ensemble des aides et exonérations fiscales accordées aux entreprises à l'ouverture obligatoire de négociations sur les salaires au niveau des branches
. Elle a rappelé aussi la nécessité d'un retour à une échelle mobile des salaires, du dégel du point d'indice ou encore d'une hausse du Smic. Sa revalorisation, anticipée à décembre et peut-être assortie d'un coup de pouce, est évoquée par le gouvernement. Plus largement, FO demande un Smic à 80% du salaire médian, soit à 1 752 euros net.