L'Espagne augmente à nouveau le salaire minimum, de 3,1 %

Rédigé le 04/03/2026
par Fanny Darcillon, L'inFO militante

Le salaire minimum a été porté à 1 323 euros brut par mois, confirmant une trajectoire anti-austérité salariale dans un pays pourtant fragilisé par son incapacité à voter le budget.

Un taux de chômage qui passe sous la barre des 10% pour la première fois depuis 2008, une croissance du PIB à 2,8% en 2025, une hausse de la production industrielle de 1,3% la même année : début 2026, l'Espagne a étalé des résultats économiques à faire pâlir de jalousie n'importe lequel de ses voisins. Dans la droite ligne de ses bons résultats, les négociations entre syndicats, patronat et gouvernement ont abouti à une augmentation du salaire minimum interprofessionnel (SMI) de 3,1%, portant à plus de 60% la hausse du SMI depuis 2018.

Le gouvernement suit depuis lors une ligne qui n'est pas au goût du patronat, lequel n'a pas signé le nouvel accord salarial. Il y a des années, le gouvernement avait absolument tout cassé : il n'y avait plus de conventions collectives, plus de droits pour les travailleurs, qui se sont vus spoliés de tout, rappelle Branislav Rugani, secrétaire confédéral du secteur International-Europe. De l'extérieur, on a l'impression qu'ils conquièrent des droits, mais en fait ils reconquièrent des droits perdus auparavant. Exception faite de certains droits nouveaux, notamment en faveur de l'égalité femmes-hommes.

Des jeunes toujours aussi précaires

Bien qu'elle soit partie de très loin, l'Espagne reste actuellement une sorte d'exemple pour les luttes syndicales. Le pays va à contre-courant de la vague de déréglementation de l'Union européenne, souligne Branislav Rugani. Le gouvernement donne ce qu'il peut donner, et par ailleurs les travailleurs constatent que les syndicats sont utiles.

La situation reste pourtant fortement contrastée : les Espagnols de moins de 30 ans demeurent frappés par une grande précarité, qui retarde leur émancipation – tant sur le plan des finances que du logement. Le travail au noir représenterait encore 16% du PIB. Ultime paradoxe : l'Espagne parvient à avancer alors même que, sans majorité parlementaire, elle n'a pas réussi à voter une loi de finances depuis 2023.