La deuxième journée nationale FO s'est tenue le 16 septembre à Marseille, avec près de 80 participants et en présence du secrétaire général de la confédération, Frédéric Souillot. Au programme, des échanges et des ateliers pratiques autour des problématiques rencontrées par les jeunes dans le monde du travail avec un objectif prioritaire : faire progresser la syndicalisation des jeunes.
Les jeunes militants FO, qui défendent les intérêts des jeunes travailleurs, se sont réunis le 16 septembre dans les locaux de l'union départementale FO des Bouches-du-Rhône pour leur deuxième journée nationale. Au programme, des interventions mais aussi des ateliers participatifs pour nourrir les réflexions et les pistes d'amélioration en lien notamment avec la syndicalisation des jeunes.
Dans les cinq ans à venir, il va y avoir de plus en plus de départs en retraite au sein de notre organisation, toute une génération va s'en aller. Comment on anticipe les choses? Comment faire pour qu'un jeune qui veuille aller vers une organisation syndicale vienne frapper chez nous? Comment est-ce qu'on va les chercher, comment est-ce qu'on leur parle? Il nous faut vos idées. Si vous voulez faire changer les choses, faites-nous bougez, bousculez-nous
, a encouragé le secrétaire général de la confédération, Frédéric Souillot, en ouverture des travaux de la deuxième journée nationale FO Jeunes, organisée le 16 septembre à Marseille, avec près de 80 participants.
Les jeunes sont prêts à s'engager et à se mobiliser
Franck Bergamini, secrétaire général de l'UD FO des Bouches-du-Rhône dans laquelle la journée nationale avait été organisée, a notamment invité les jeunes militants à faire des propositions pour moderniser le système de cotisation syndicale, que ce ne soit pas un repoussoir avec douze timbres à coller sur une carte
.
Alexis Guillier, élu du personnel depuis 2022 chez ArcelorMittal à Fos-sur-Mer et membre de FO jeunes depuis deux ans, est venu apporter son témoignage sur l'importance du renouveau syndical. Dans son entreprise, le syndicat FO, qui n'était plus représentatif avant 2014, a remporté 35% des voix aux dernières élections et vise la majorité pour le prochain scrutin, en octobre. La stratégie mise en place a été de faire confiance aux jeunes, qui ont remonté une liste et sont allés sur le terrain. Passer de 8% à 35% en quelque temps c'est énorme alors qu'on a des gros syndicats contre nous
, s'est félicité le jeune militant, également membre du comité jeunes d'IndustriAll Europe depuis 6 mois.
Contrairement aux idées reçues, les jeunes sont prêts à s'engager et à se mobiliser dans les entreprises, dans la rue. Nous l'avons vu ces dernières années lors de la lutte contre la réforme des retraites. Et on le verra le 29 septembre pour la défense des services publics et en premier lieu de l'université
, a assuré Maxime Fanucci, de l'union départementale des Bouches-du-Rhône.
Tout au long de la journée, des interventions de militants et de partenaires mais aussi l'organisation d'ateliers participatifs innovants, inspirés des escape-games ou d'application, ont permis de nourrir la réflexion et de proposer des actions et outils à mettre en place à l'avenir.
L'accent a notamment été mis sur la communication et le renouvellement syndical. Les mails et les affiches avec des textes bruts ont fait l'unanimité contre eux. Pour communiquer il faut des images, des messages simples et percutants
, a ainsi conseillé Clément Pauly, en restituant l'atelier portant sur la communication.
S'unir
Le monde du travail évolue, les attentes des jeunes évoluent et FO doit aussi évoluer, en créant des structures et en communiquant mieux. Mais l'un des obstacles rencontrés est le turn-over important des jeunes dans l'entreprise
, a ajouté Paul Briey, chargé de l'atelier sur la syndicalisation.
Dans mon entreprise on voit des jeunes arriver, rester un an ou deux sans s'engager, sans chercher à améliorer les choses, puis ils partent chercher mieux ailleurs. Or c'est un leurre. L'herbe n'est pas plus verte ailleurs. On ferait mieux de s'unir et d'améliorer les conditions de l'endroit là où l'on est plutôt que de fuir et de recommencer à zéro
, a déploré Florian Mariottini.
L'Europe doit investir dans les jeunes
Autre problématique, comment approcher les étudiants qui travaillent, que ce soit en alternance ou à temps partiel. Les alternances sont deux semaines au travail, puis deux semaines de cours. Nous sommes représentatifs au niveau des étudiants. Avec l'émergence de FO jeunes, c'est peut-être un travail que nous pouvons commencer à faire ensemble
, a proposé Rémi Moulis, président de la Fami, première organisation de défense des droits des étudiants sur le territoire d'Aix-Marseille. D'autant que l'union départementale FO commence à recevoir des alternants en difficulté avec leurs employeurs, pour un salaire non versé ou des tâches à effectuer qui ne figurant pas dans leur convention. C'est quelque chose qu'on ne voyait pas avant
, a assuré Michèle Fanucci.
Angelica Rota, syndicaliste italienne à l'UIL et élue vice-présidente du comité jeunes de la CES en juin dernier, est revenue sur la situation des jeunes en Italie et en Europe. Précarité, crise du logement, salaires qui augmentent moins vite que le coût de la vie... Les jeunes en Europe partagent beaucoup de problèmes
, a-t-elle témoigné. La situation est particulièrement préoccupante en Italie où les salaires réels ont baissé de 3% en quatre ans, entraînant un début de migration économique des jeunes. En cinq ans, 200 000 jeunes sont partis, alors qu'on est déjà un des pays les plus vieux d'Europe. La situation est grave. Pour répondre à cette situation nous devons commencer à investir dans les jeunes, dans les universités, la recherche, le logement, l'égalité femmes hommes, dans les transports…. La dignité du travail doit rester au centre de notre modèle social
, a-t-elle assuré.
Bientôt des référents FO Jeunes
Le comité FO Jeunes, relancé en 2024 à l'initiative de Frédéric Souillot, ne cesse de prendre de l'ampleur au sein de l'organisation. Le congrès confédéral, dans sa résolution générale, invitait notamment les structures à intégrer en leur sein les jeunes militants de moins de 35 ans, dans un esprit de solidarité intergénérationnelle pour défendre leurs droits et leurs projets. Dans cette dynamique, Branislav Rugani, secrétaire confédéral chargé notamment des jeunes, a annoncé l'ouverture d'un nouveau chapitre
. Ainsi, des référents jeunes vont être mis en place dans les différentes unions départementales et fédérations. Des membres de FO Jeunes vont être intégrés aux commissions confédérales. Et la structure va prochainement avoir des statuts, ce qui va permettre à FO jeunes de s'émanciper, sous la tutelle de la confédération
, a-t-il ajouté. Le premier guide FO jeunes à destination des jeunes travailleurs, avec des informations sur l'entretien d'embauche, l'utilité du syndicat ou les «red flags» devrait également être déployé dans les prochaines semaines.
Branislav Rugani a également annoncé en clôture de cette journée la mise en œuvre d'un prix Léon Jouhaux de la paix à destination des lycéens. Nous allons les faire travailler sur les conventions de l'OIT pour promouvoir la paix dans le monde, pour leur permettre de découvrir le syndicalisme international et FO dès le plus jeune âge
, explique-t-il.