Assurance chômage : les comptes de nouveau plombés par les ponctions de l'État

Rédigé le 23/03/2026
par Clarisse Josselin, L'inFO militante

L e déficit du régime d'Assurance chômage devrait atteindre 2,1 milliards d'euros en 2026, selon les prévisions financières réactualisées le 3 mars par l'Unédic, gestionnaire paritaire de l'Assurance chômage. C'est une détérioration de 800 millions d'euros par rapport aux précédentes projections.

Certes, le marché de l'emploi se dégrade et l'Assurance chômage va perdre en CSG, en raison d'une modification de l'assiette de cotisations des travailleurs indépendants.

Mais la principale source de déficit du régime provient des ponctions opérées par l'État sur les recettes, sous forme de moindres compensations d'exonérations. Elles s'élèvent à 4,1 milliards d'euros en 2026, pour un total cumulé de 12 milliards d'euros depuis 2023. Ce manque à gagner freine la capacité du régime à réduire sa dette, attendue à 61,5 milliards d'euros fin 2026.

Un désendettement compliqué

Sans la non-compensation de l'État, le régime pourrait être excédentaire ou à l'équilibre, rappelle Michel Beaugas, secrétaire confédéral FO chargé de l'emploi.

Cela contraint les organisations syndicales, quand elles négocient les règles de l'Assurance chômage, à trouver des économies pour pouvoir rester dans le désendettement de l'Unédic. On pourrait considérer que les baisses de droits sont inhérentes aux non-compensations de l'État, poursuit-il.

Ces prélèvements devraient cesser au-delà de 2026, ce qui permettrait, d'après les projections de l'Unédic, de faire revenir les comptes dans le vert, avec un solde positif attendu de 2,8 milliards d'euros en 2027 et de 4,8 milliards en 2028.