Contrats courts : face à un patronat inflexible, la négociation s'achève sans accord

Rédigé le 16/04/2026
par Clarisse Josselin, L'inFO militante

A près deux tours de table entrecoupés d'une suspension de séance, les organisations syndicales et patronales ont décidé, le 9 avril, de stopper la négociation sur les contrats courts, estimant leurs positions respectives trop éloignées pour parvenir à un accord. Les propositions du patronat, c'est plus de flexibilité [NDLR : pour les entreprises] et moins de sécurité , a déploré Michel Beaugas, secrétaire confédéral FO chargé de l'emploi, qui s'est dit  un peu déçu à l'issue de la cinquième et dernière séance.

Dans le projet d'accord qu'ils avaient fait parvenir le 3 avril aux organisations syndicales, les représentants des employeurs proposaient par exemple de supprimer la limitation du nombre de renouvellements de CDD ou d'en finir avec le délai de carence entre deux contrats. Ils étaient en revanche opposés à la généralisation de la prime de précarité, revendication portée notamment par FO.

Le sujet n'est pas clos

On n'acte pas totalement l'échec puisque le sujet n'est pas clos. On a convenu oralement qu'il était important et qu'on aurait de nombreuses occasions, notamment dans l'agenda social autonome, pour pouvoir le remettre à l'ordre du jour dans des discussions plus larges, a poursuivi le négociateur FO, évoquant notamment l'emploi des jeunes ou le temps partiel.

Le principe de cette négociation, visant à réguler le recours aux contrats courts, qui sont de plus en plus nombreux et pour des durées de plus en plus courtes, avait été acté dans un avenant sur le bonus-malus trouvé en mai. L'absence d'accord affaiblit un peu plus de la part du patronat le paritarisme de négociation, a pointé Michel Beaugas. Ça fait un certain temps qu'on n'arrive plus, avec le patronat, à trouver des points d'entente sans qu'on soit sous la menace du gouvernement d'une reprise en main, a-t-il ajouté.