Si 900 postes sont amenés à être supprimés via des départs non remplacés, l'avenir industriel de l'usine est assuré grâce à une mutation vers de nouvelles activités.
Le virage ne se fera pas sans une certaine nostalgie. Mais malgré la crise du marché de l'automobile, les exigences de transition écologique et l'habitude délétère des entreprises de fermer et délocaliser au moindre cahot sur la route, une activité industrielle sera bel et bien maintenue sur le site Stellantis de Poissy (Yvelines), dont les salariés ont un temps craint la fermeture. La direction du groupe automobile, issu de la fusion de PSA et de Fiat Chrysler en 2021, a annoncé que l'usine historique arrêterait l'assemblage de véhicules en 2028. Une décision qui entraîne la suppression de plus de 900 postes, sans licenciements cependant.
On a travaillé de longue date avec la direction pour arriver à faire en sorte qu'il n'y ait pas de casse sociale, que le site ait une pérennité sur le long terme et une continuité industrielle qui ne soit pas qu'une vitrine
, explique Brahim Ait Athmane, secrétaire adjoint de la section syndicale sur place et secrétaire du syndicat FO Métaux Val-de-Seine. À partir de 2028, Poissy produira notamment des pièces pour d'autres sites et s'emploiera à réparer et valoriser des pièces dans une logique d'économie circulaire. Des 1 900 postes actuels, il en restera un millier.
De nouvelles compétences pour une meilleure adaptation
Certains syndicats minoritaires contestent le plan et ont lancé des appels à la grève. FO, organisation majoritaire, appelle à un combat pragmatique face à un marché complètement bouleversé. Depuis 2008, on voit bien que le déclin de l'automobile est annoncé, qu'on est dans un marché de renouvellement et non d'expansion, souligne Brahim Ait Athmane. Vu l'évolution technologique, il y aurait eu cette perte d'emplois au final.
La fabrication des véhicules modernes, notamment électriques, nécessite moins de main-d'œuvre.
Le virage tel qu'il est présenté là n'est pas mortifère mais salvateur, appuie Olivier Lefebvre, secrétaire général chez FO Métaux, chargé du secteur automobile. En développant de nouvelles compétences, Poissy peut tirer son épingle du jeu. Il y a de l'avenir à Poissy car le site s'adapte aux nouveaux modes de consommation de l'automobile.
Prochaine étape pour les élus FO : l'accompagnement humain et la formation des équipes aux nouvelles activités, afin de pérenniser à long terme les emplois sauvés.