Dans un retour en arrière pas si lointain, l'auteur évoque la construction de l'Intelligence Artificielle à partir de sa brique première : le mot.
Il revient donc sur la chronologie des faits, depuis les premiers moteurs de recherche jusqu'à ChatGPT4, et détaille comment la data est devenue une denrée précieuse.
Grâce à des algorithmes en perpétuelle évolution et à la croissance exponentielle, les interfaces IA développent un discours quasi intelligent, basé sur des modèles prédictifs probabilistes et alimenté par la masse de données recueillies à partir des moteurs de recherche, puis de l'acquisition de banques numérisées et enfin de l'auto-alimentation du corpus.
Se développe ainsi la notion de capitalisme linguistique comme l'introduction d'une propriété et d'une valeur associées au mot et des principes pour l'augmenter et s'enrichir.
L'ouvrage pose plusieurs questions concernant l'avenir avec l'IA : celle de la propriété intellectuelle d'un écrit quand l'IA est en jeu et de l'évolution de la production littéraire humaine; celle de l'énergie et de l'environnement face au coût demandé par cette innovation; celle de l'emploi et des métiers remplacés par l'IA; celle de l'éthiques des principes considérés dans les instructions données à l'IA lors du dressage par renforcement pour établir des réponses; celle de la fiabilité des réponses de l'IA en relation avec la notion d'hallucination et par conséquent de la responsabilité des discours produits.
L'utilisation de l'IA peut engendrer une délégation de compétences : l'homme augmenté par les prothèses linguistiques restera-t-il maitre de son discours et de sa pensée ou sera-t-il englouti par l'espace numérique et remplacé par les agents génératifs de l'IA?