Mobilisation historique des syndicats des IEG pour défendre le « tarif agent »

Rédigé le 16/09/2026
par Ariane Dupré

Le 15 septembre, les salariés des industries électriques et gazières ont largement répondu à l'appel à la grève lancée par les syndicats des IEG, dont FO, pour défendre le «tarif agent» dans le collimateur du gouvernement. Le taux de grévistes à franchi les 70% sur tout le territoire. A Paris, lors du rassemblement des organisations syndicales à Bercy, FO a rappelé sa détermination à défendre cet acquis social historique.

Répondant à l'appel des quatre syndicats des IEG, dont FO, les électriciens et les gaziers se sont mis massivement en grève ce 15 septembre, pour défendre «le tarif agent», ce tarif préférentiel sur les consommations d'électricité et de gaz dont bénéficient 300 000 salariés et retraités de ces secteurs. Tarif que le gouvernement veut revoir.

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Sandrine Tellier, secrétaire générale de la FNEM FO.

Selon FO, le taux de grévistes a atteint 75% sur l'ensemble du territoire dans les entreprises des IEG, d'EDF à Engie. A Paris, les syndicats, vent debout contre cette attaque du «tarif agent», ont organisé un rassemblement devant le ministère de l'Economie à Bercy, réunissant une centaine de militants. Avec un mot d'ordre : pas touche au tarif agent. Nous sommes là pour défendre ce qui n'est pas un privilège, mais un droit. Notre tarif particulier, c'est une composante de notre statut social! a rappelé avec force à la tribune Sandrine Tellier, secrétaire générale de la FNEM FO.

Une attaque «détournée» sur le statut des IEG

Cet avantage énergie est en effet inscrit dans le statut des salariés des IEG de 1946. Mais il est sous la menace d'être sérieusement rogné. Le 17 juillet, un rapport de la Cour des comptes sur la gestion RH d'EDF a mis le feu aux poudres. Critiquant le coût «démesuré» de cet avantage pour EDF SA (en moyenne de 381 M€ par an entre 2018 et 2024), la Cour recommande de réduire ce tarif agent en plafonnant les consommations prise en compte, et de revaloriser le barème fiscal et social de l'avantage en nature énergie, qui est soumis aux cotisations sociales et à l'impôt sur le revenu. Le ministère de l'énergie a fait savoir aux syndicats qu'il envisageait de revoir le niveau de fiscalisation de cet avantage : On ne sait pas d'où la Cour des comptes a sorti ses chiffres mais ils sont aberrants. Cela reviendrait à multiplier par 2,5 l'imposition de cet avantage. Certains salariés n'auraient presque plus intérêt à avoir le tarif agent. C'est clairement une attaque détournée sur notre statut a dénoncé Laurence Pinet, secrétaire fédérale en charge des IEG à la FNEM FO, lors du rassemblement parisien. Cet avantage en nature, il est déjà fiscalisé. Le tarif agent, c'est une ligne sur notre bulletin de paie. En réalité, c'est à une partie de notre salaire que le gouvernement s'attaque a fustigé pour sa part Lucie Barribaud, (FO Energie dans la Vienne), qui refuse que l'on touche au statut des salariés des IEG.

A Paris, une délégation syndicale a été reçue le 15 septembre dans l'après-midi par Maud Bregeon, ministre déléguée, chargée de l'Énergie. Les syndicats devaient décider de la suite à donner à leur mobilisation. Le gouvernement doit retirer ce projet, qui pourrait passer par décret. Nous souhaitons une consultation à froid avec des nos ministères de tutelle sur le tarif agent. Et nous aurons des arguments à leur apporter pour défendre ce droit historique a prévenu Sandrine Tellier. Faute d'engagements de la ministre déléguée à renoncer à l'injonction de la Cour des comptes sur le tarif agent, l'intersyndicale reste mobilisée. Elle demande à rencontrer le premier ministre Sébastien Lecornu d'ici le 2 octobre. Et prévient qu'elle durcira le mouvement faute de réponses satisfaisantes.

© FO Energie