La transparence salariale renvoyée aux calendes grecques ?

Rédigé le 28/07/2026
par Sandra Déraillot, L'inFO militante

Alors que la directive sur la transparence salariale devait être transposée au plus tard le 7 juin 2026, la France est toujours à la traîne. Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, a annoncé repousser pour la énième fois l'introduction de ce dispositif dans le droit français.

Précédemment, le 5 juin, il avait envisagé de faire voter cette loi avant la fin de l'année . La procédure est désormais reportée à avant la fin de notre mandature . Comprendre donc, mai 2027.

La directive, dont l'objectif est de lutter contre les inégalités salariales entre hommes et femmes, prévoit notamment que tout travailleur puisse demander à son employeur des informations sur les niveaux de rémunération moyens, ventilés par sexe, pour les catégories de travailleurs accomplissant le même travail. Les employeurs auront l'obligation d'engager des négociations avec les organisations syndicales pour remédier à tout écart injustifié. Elle impose également que toute offre d'emploi précise le traitement ou le salaire du poste à pourvoir, ou une fourchette de rémunération.

Les organisations patronales en opposition frontale

Si FO, qui a participé aux consultations nécessaires à l'amélioration du projet de loi, et les autres organisations syndicales attendent de pied ferme la transposition de la directive, ce n'est pas le cas des organisations d'employeurs. Le Medef et Business Europe (association patronale européenne) ont ainsi officiellement demandé à la Commission européenne que l'application du texte soit reportée à 2028, dans l'espoir d'obtenir entre-temps une simplification des exigences et de relever le seuil de déclaration obligatoire pour les entreprises à partir de 1 000 salariés au niveau européen.