Se projeter dans l'avenir

Rédigé le 20/05/2026
par Frédéric Souillot, Secrétariat général

Le calendrier politique est appelé à s'accélérer dans les semaines et les mois qui viennent. Avec lui, viendra le temps de la démocratie, indispensable mais aussi le temps du débat, louable et respectable, sur les projets, les programmes, les propositions des uns et des autres.

Mais le temps du débat dans le cadre d'une campagne électorale, c'est aussi le temps des fausses bonnes questions et celui des mauvaises réponses, le temps des baguettes magiques, des idées simples, voire simplistes, la désignation des boucs émissaires, le temps de la surenchère, le concours Lépine des mauvaises idées… Pour disserter sur l'épaisseur du code du travail, sur «le système social impossible à réformer», sur le coût du travail qu'il faut toujours réduire, sur les promesses d'un big bang salvateur pour les régimes de retraites, sur la nécessité de travailler plus ou travailler encore plus…

Fidèle au principe d'indépendance syndicale, comme à chaque élection, Force ouvrière ne donnera pas de consigne de vote et n'appellera pas à voter pour l'un ou contre l'autre. Mais indépendance ne signifie pas indifférence. FO fera connaitre sa plateforme revendicative et la diffusera aux différents candidats.

FO rappellera notamment que le temps de la démocratie politique n'est pas celui de la démocratie sociale, surtout dans un contexte où la démocratie politique patine, faute de majorité au Parlement, les acteurs sociaux apparaissent comme des havres de stabilité, et de responsabilité.

FO entend porter des sujets structurants avec une vision de long terme, comment on se projette dans l'avenir, sur le travail, le modèle productif, la réindustrialisation, le financement du modèle social, la gouvernance du système de retraites par répartition, ce sont les sujets au cœur de l'agenda social autonome que nous engageons avec les organisations professionnelles. L'enjeu n'est pas de travailler plus mais de travailler tous!

Et nous appellerons tous les responsables politiques à respecter le rôle et la place aux interlocuteurs sociaux, et à respecter pleinement leurs prérogatives. Nous appellerons encore à redonner la place qui est la sienne à la négociation collective, convaincus que c'est par la négociation que nous pouvons trouver les réponses adaptées aux enjeux qui se posent dans le monde du travail : sur l'emploi, notamment des jeunes et des seniors, sur l'amélioration des conditions de travail, sur une meilleure prise en compte de la pénibilité ou encore sur les défis qui se posent avec le télétravail, l'arrivée de l'IA ou l'exigence de la transition climatique… tant de thèmes qui ont un impact social et sont donc de la compétence des organisations syndicales.