Sanâa Dlimi : une militante tenace chez Monoprix

Rédigé le 07/03/2026
par Ariane Dupré, L'inFO militante

Élue FO dans un magasin parisien et au CSE central de Monoprix, Sanâa Dlimi, 49 ans, est engagée depuis treize ans dans la défense des salariés. Alors que le groupe vient d'annoncer la fermeture de six magasins, la militante est déjà dans la bataille pour obtenir les meilleurs reclassements internes possibles pour les salariés menacés.

Lorsque la direction de Monoprix a annoncé en CSE central (CSE-C) le 10 février sa décision de fermer six magasins et d'en céder trois à Lidl d'ici la fin du premier semestre 2026, c'était la stupeur pour Sanaa Dlimi, élue FO au CSE-C. On savait qu'il y aurait des fermetures. Mais vendre des magasins à Lidl, c'est choquant. On sait que les conditions de travail y sont très dures, beaucoup plus que chez Monoprix! , s'emporte la militante. Concernant les cent cinquante salaries concernés par la fermeture des magasins en Ile-de-France, à Nantes et à Tours, la direction prévoit des reclassements dans d'autres enseignes. Les salariés ont peur car ces mobilités risquent d'être imposées.

On se battra pour qu'elles s'effectuent dans les meilleures conditions possibles, en termes de distance, avec des postes et des horaires de travail identiques. Les élus, dont FO, ont par ailleurs demande une expertise économique pour vérifier les chiffres. La direction dit que ces magasins ne sont pas rentables. Mais il faut voir les comptes. Car en réalité, les salariés de Monoprix payent aussi pour les dettes de Casino, propriétaire de Monoprix. Depuis l'annonce, le téléphone de Sanaa n'arrête pas de sonner : Les camarades des magasins m'appellent pour me demander s'il pourrait y avoir d'autres fermetures. Il y a pas mal d'inquiétude en ce moment.

A 49 ans, cette militante au caractère bien trempe, mère de deux grands enfants, n'entend pas s'en laisser compter. Moi, ce que j'aime, c'est défendre les salariés. Et dans les magasins, il y a toujours eu beaucoup à faire!

Bataille pour les conditions de travail

Hôtesse de caisse depuis vingt-deux ans au Monoprix de la rue Secrétan, dans le 19e arrondissement de Paris, la déléguée a découvert le militantisme par hasard. J'ai rencontré un militant de l'UD FO de Paris qui m'a donné beaucoup de conseils. Il m'a fait aimer le syndicalisme. J'ai alors adhéré à FO, je me suis formée, et il m'a soutenue pour me présenter aux élections. Elue au CSE de cet établissement parisien depuis 2013 (FO y est majoritaire), elle bataille sans relâche pour améliorer les conditions de travail des soixante et un salaries. J'ai été titulaire au CHSCT. C'est un sujet qui m'intéresse beaucoup. A son actif : l'obtention de caisses mieux aménagées pour les livraisons à domicile ou encore le respect des temps de pause. L'ancien directeur les rognait de cinq minutes. Or, lorsque l'on travaille de 6h à 13h, une pause de vingt minutes, c'est vraiment important! Pour Sanaa, informer les salariés du magasin est d'une grande importance. Je communique beaucoup et avec mon équipe on leur envoie des tracts. Comme ça, ils sont au courant de ce qui se passe. En décembre dernier, elle a organisé une journée de grève, avec le soutien de la FEC-FO. Monoprix déploie un projet qui vise à n'avoir plus de chef de rayon, mais des salariés polyvalents.

Nous ne sommes pas contre, mais il faut l'adapter. On a des salariés qui ont 60 ans, ce serait très dur pour eux d'aller travailler dans le froid au rayon frais. Le nouveau directeur du magasin, qui n'a pas apprécié que l'on conteste la nouvelle organisation, a commencé à changer les horaires de travail, à faire pression. Il fallait agir. La grève devant le magasin a stoppé net ces dérives.