Soucieuse d'optimisation, la direction de Safran prévoit de transférer l'activité de l'usine de Mantes-la-Ville (Yvelines) sur deux autres sites.
- Les articles de L'InFO militante / InFO militante, Safran, Aéronautique, 27 - Eure, 78 - Yvelines, 95 - Val-D'oise, DélocalisationsPar volonté d'optimisation, la direction de Safran prévoit de transférer l'activité de l'usine de Mantes-la-Ville (Yvelines) sur deux autres sites. Opposée à ce projet, Karen Davy, déléguée syndicale centrale FO de Safran SED, croit à un avenir pour le site de Mantes, qui se porte bien.
Ne pas dire fermeture
! Lors d'un CSE, les salariés du site Safran de Mantes-la-Ville dans les Yvelynes ont appris qu'ils allaient faire l'objet d'un «transfert d'activité». L'usine, qui fabrique des commandes de vol et des actionneurs pour l'aéronautique, emploie 412 salariés en CDI et en CDD et 80 intérimaires. Son carnet de commandes est plein, mais la direction veut regrouper les activités sur deux
, explique Karen Davy, déléguée syndicale centrale FO de Safran Electronics & Defense (SED).sites d'excellence
au lieu de trois
Les équipes de Mantes sont donc appelées, d'ici 2030, à rejoindre les sites de Saint-Ouen-l'Aumône (Val d'Oise) et Saint-Marcel (Eure), situés respectivement à 43 et 25 km de Mantes. Sauf cent-douze postes considérés comme «doublons» et sans solution claire.
Changement de discours de la direction
FO avait déjà alerté il y a un an sur les risques pesant sur l'emploi à Mantes après que Safran a racheté les sites de Saint Marcel et Saint-Ouen-l'Aumône à Collins Aerospace, deux sites qui fabriquent aussi des actionneurs et des commandes. La direction nous avait pourtant assurés que nos emplois étaient complémentaires et qu'il n'y avait pas de doublons
, rappelle Karen Davy. Un autre voyant s'était mis à clignoter lorsque le syndicat avait appris que la mairie de Mantes voulait racheter à Safran son terrain pour y construire des logements. Le site est enclavé et ne peut pas être agrandi
, reconnaît la déléguée FO.
Karen Davy assure toutefois que le site est viable moyennant quelques petits changements
et qu' il y a d'autres solutions que la fermeture
. Environ 150 salariés ont fait grève le 28 mai contre ce projet. Ils ont l'impression d'avoir été pris pour des imbéciles : la direction leur dit que le site sera maintenu, et maintenant cette annonce...
, rapporte Karen Davy. FO a demandé une expertise avec pour objectif de maintenir l'activité industrielle à Mantes. Ses résultats devraient être connus en juillet. La militante fait également valoir qu'il est plus facile de recruter dans le bassin d'emplois de Mantes
.
Délocalisations à l'étranger
Plus largement, le syndicat FO de Safran craint des pertes de savoir-faire et d'activités car toutes ne seront pas conservées sur le territoire français. Safran prévoit en effet de délocaliser une ligne complète de production – l'actionnement électrique de l'inverseur de poussée, qui permet à un avion de freiner à l'atterrissage – au Royaume Unis, sur un site de l'ex-Collins Aerospace. Karen Davy signale également un projet de délocalisation vers des pays à bas coûts : la Pologne et l'Indonésie.
Mobilisé contre la fermeture du site, FO l'est aussi sur les transferts de salariés. Le cas échéant, ces transferts auraient en effet de nombreuses conséquences sociales : allongement des temps de trajet, anxiété... Coordinateur syndical FO de Safran, Daniel Barberot déplore en outre que les salariés qui accepteront leur transfert iront dans une filiale dont le socle social est moins disant que celui de Safran
. Que deviendront ceux qui refuseront leur transfert?
, s'interroge-t-il également. FO demande donc des transferts uniquement pour les volontaires et un accompagnement individualisé et financé, ainsi que le maintien des acquis sociaux.