Une rentrée scolaire sous tension

Rédigé le 28/08/2026
par Chloé Bouvier, L'inFO militante

Alors que la fin d'année scolaire a été marquée par de nombreuses mobilisation locales dans les écoles, les collèges et les lycées, FO se situant toujours dans le cadre de ce mouvement a décidé de prolonger le préavis de grève jusqu'au 17 octobre. La FNEC FP-FO invite ainsi à se mobiliser partout où c'est possible alors qu'un mouvement national est attendu pour le 9 septembre.

Pour la rentrée scolaire 2026, la FNEC FP-FO a prolongé son préavis de grève jusqu'au mois d'octobre. Cette décision a été prise durant les derniers jours de cours, On a constaté que, durant le mois de juin, il n'y avait pas eu une seule journée sans mobilisations, que celles-ci soient sous forme de rassemblement, de grève des enseignants ou d'occupation d'école par les parents.

Pour le secrétaire général de la fédération FNEC FP-FO, ces mobilisations expriment une accumulation de colères sur les moyens et surtout le refus des personnels de subir les conséquences des axes budgétaires. Fermeture de classes, suppression de postes d'enseignants, comment faire la rentrée dans de bonnes conditions dans cette situation? Le militant dénonce des décisions budgétaires prises au détriment de l'éducation.

Urgence d'investir dans la rénovation du bâti scolaire

Alors que le budget 2026 a acté la suppression de 4 000 postes d'enseignants, les fermetures de classes ont été brutalement annoncées avant l'été. Pour les enseignants comme pour les élèves, c'est avant tout une dégradation des conditions de travail et d'apprentissage puisque cela augmente le nombre d'élèves par classe. On a vu au niveau local, des mobilisations d'enseignants et de parents d'élèves protester contre ces fermetures, souligne Clément Poullet. C'est le cas dans la Haute-Loire où, dans un collège, la fermeture de classes a mobilisé un nombre important de familles. Il a été décidé de se retrouver à la rentrée pour voir si le rectorat maintient la fermeture. Si c'est le cas, la mobilisation se poursuivra.

Autre élément qui a alimenté cette mobilisation : les récents épisodes caniculaires. Les parents ont constaté, s'ils ne l'avaient pas déjà fait, que leurs enfants étudiaient dans des passoires thermiques, sous des températures dépassant parfois les 40°. Il y a urgence à investir dans la rénovation du bâti scolaire. On ne peut pas bien apprendre dans ces conditions.

Une inclusion scolaire au rabais

L'inclusion scolaire fait quant à elle aussi les frais d'une politique d'austérité budgétaire. Alors que les instituts spécialisés dans l'accueil des élèves en situations de handicap ferment leurs portes, l'école demeure sous-dotée pour prendre en charge ces élèves. On a le cas en Seine-Maritime où une école doit fusionner avec un IME. Sauf qu'aucun poste d'enseignant spécialisé n'a été acté, s'indigne Clément Poullet. Suite à la mobilisation, le rectorat a accordé un demi-poste, largement insuffisant pour les équipes pédagogiques. Idem, le rendez-vous est pris pour la rentrée afin de continuer le rapport de force.

C'est donc pour soutenir et conforter ces mobilisations locales que la FNEC FP-FO a prolongé son préavis de grève jusqu'au 17 octobre 2026. Il faut tout faire pour que les revendications soient satisfaites, se mobiliser là où c'est possible, dans l'unité si c'est possible, analyse le militant. Le gouvernement est fébrile. La preuve, on a vu des rectorats reculer sur des fermetures de classes ou revenir sur des suppressions de postes.

Les laissés-pour-compte de Parcoursup et MonMaster

Rendez-vous est déjà pris le 9 septembre. Et cette journée de mobilisation visera notamment à évoquer et dénoncer, le sort, des jeunes laissés sans solution sur Parcoursup. À la fin de la phase complémentaire de la procédure, ils étaient encore 126 000 candidats sans affectation dans l'enseignement supérieur. Et 37 000 avaient quitté la plateforme. En tout, cela représente 1% de jeunes laissés sur le carreau, parmi lesquels des lycéens et des étudiants en réorientation, explique Clément Poullet. La conséquence, encore une fois, de la politique d'austérité sur la dépense publique. Manquant de financement, les universités ont dû supprimer des places, notamment en licence et en master.

La situation est similaire pour MonMaster, la plateforme d'affectation en master, où les chiffres sont biaisés à la base. En 2026, on compte 151 000 places disponibles pour 270 000 candidats. Cela veut dire qu'on va éjecter près d'un étudiant sur deux!

Pour dénoncer cette situation, FO avait organisé des rassemblements devant plusieurs académies le 24 juin. Pour ne pas lâcher ces jeunes auxquels on refuse le droit d'étudier, la FNEC FP-FO appelle à une nouvelle mobilisation le 9 septembre, devant le ministère de l'Enseignement supérieur et les rectorats. Il sera notamment revendiqué l'inscription des candidats laissés sur le carreau dans la formation de leur choix. Et l'abrogation de ces procédures qui ne sont que des machines à broyer la jeunesse.