Brico Dépôt : une grève nationale pour les salaires et conditions de travail

Rédigé le 12/10/2026
par Thierry Bouvines, L'inFO militante

La polyvalence et les nouveaux horaires ont dégradé les conditions de travail des salariés de Brico Dépôt, et leur intéressement a été fortement diminué. Délégué syndical FO du magasin de Montauban dans le Tarn et Garonne, Cédric Ressiguie revient sur la grève nationale du 26 septembre.

La moitié des salariés du magasin Brico Dépôt de Montauban ont fait grève samedi 26 septembre pour leurs conditions de travail, les rémunérations et les emplois. Cette grève s'inscrivait dans un mouvement national suivi dans plusieurs magasins de l'enseigne de bricolage et de matériaux de construction, propriété de Kingfisher, employant 8 000 salariés en France.

Les raisons de la colère? Le nouveau «système opérationnel» mis en place en avril imposant aux salariés d'être polyvalents; les nouveaux horaires appliqués depuis le mois de mai; et la baisse importante du montant de l'intéressement. Alors qu'auparavant un vendeur s'occupait d'un rayon, il doit désormais s'occuper de trois rayons, décrit Cédric Ressiguie, délégué syndical FO, première organisation à Brico Dépôt Montauban. L'objectif de la direction est de réduire le personnel indique-t-il. La charge de travail des salariés s'en trouve bien sûr augmentée. D'autant que les effectifs ont été divisés par deux en 10 ans, rappelle le militant.

Les objectifs fixés par la direction sont irréalistes

Les nouveaux horaires ont également dégradé les conditions de travail des salariés. Les horaires sont désormais décidés en fonction de l'affluence des clients. La présence des vendeurs est concentrée lorsque le passage clients est le plus important et à l'inverse il y a moins de vendeurs dans les moments creux, explique Cédric Ressiguie. Le problème est que les heures d'ouverture du magasin restent les mêmes : 7h-19h. Conséquence, quand auparavant un salarié démarrait à 7h pour terminer à 14h, il peut aujourd'hui démarrer à 8h et terminer à 19h avec une énorme pause, illustre le délégué syndical.

Autre source de mécontentement, le jour de repos flottant avec un délai de prévenance de 15 jours, qui complique la vie personnelle des salariés. S'agissant des rémunérations : L'accord d'intéressement signé l'année dernière se focalise davantage sur les objectifs de vente et la performance, or les objectifs fixés par la direction sont irréalistes; il en résulte que le montant de notre intéressement a été divisé par deux ou trois, explique Cédric Ressiguie.

Soit nous obtenons satisfaction, soit nous relançons le mouvement

Le magasin Brico Dépôt de Montauban emploie soixante salariés au total, trente le samedi dont la moitié ont donc fait grève. Nous avons fait le choix du samedi parce que c'est une grosse journée et que cela marque les clients, explique le délégué FO. Le syndicat demande le renforcement des effectifs afin de mettre fin à la surcharge de travail ainsi que l'arrêt de la polyvalence excessive. Il revendique également des jours de repos plus réguliers.

Les demandes concernent aussi les salaires. FO milite ainsi pour une rémunération à la hauteur des responsabilités exercées. Or actuellement, le salaire d'entrée de grille est trois euros au-dessus du Smic, nous demandons un salaire minimum conventionnel fixé à 2 300 euros, c'est ce dont les gens ont besoin pour vivre mieux, déclare Cédric Ressiguie.

La grève du 26 septembre était un message à la direction. Le délégué FO ne pense pas que cette dernière répondra aux revendications avant les négociations annuelles obligatoires, qui doivent démarrer mi-octobre.

Nous attendrons la première réunion, soit nous obtenons satisfaction, soit nous relançons le mouvement, prévient Cédric Ressiguie.