Dans le cadre d'un appel intersyndical, les policiers et d'autres agents du ministère de l'Intérieur ont manifesté le 30 juin à Paris contre une réforme qui ne concerne que le corps de conception et de direction (celui des commissaires), et pour l'amélioration des rémunérations et conditions de travail de tous.
Ce que nous vivons c'est du mépris de classe!
lançait Grégory Joron, secrétaire général d'Un1té MI FO, la fédération de syndicats du ministère de l'Intérieur, le 30 juin dernier à l'issue d'une manifestation parisienne organisée en intersyndicale. La colère des policiers, mais aussi celle des agents du ministère de l'Intérieur dans leur ensemble, est grande, motivée notamment par une réforme revalorisant la carrière des commissaires, mais ignorant le reste des agents.
Selon le syndicat FO Un1té, le texte (adopté le 16 juin dernier, sans les voix d'Un1té MI FO) prévoit une revalorisation pouvant aller jusqu'à 1350 euros par mois, des reclassements à hauteur de 30 points d'indice en moyenne et des progressions de carrière accélérées
. Cela alors que depuis deux ans, on nous dit qu'il n'y a plus d'argent et que nous devons faire des efforts
, a souligné Gregory Joron, qui a pris la parole à l'arrivée du cortège devant la direction des ressources humaines du ministère. Prenant part à cette manifestation, le secrétaire général de FO, Frédéric Souillot, a apporté le plein soutien de la confédération aux revendications d'Un1té : l'amélioration du régime indemnitaire, la demande d'une réforme équitable des grilles pour tous les corps, la suppression du jour de carence en cas d'arrêt de travail, ... Et plus largement, la demande de moyens supplémentaires pour la police, notamment en termes d'effectifs, de matériel et d'infrastructures.
Détermination et rapport de force
A ses côtés, Christine Marot, secrétaire générale de FO préfecture a rappelé que l'ensemble des corps administratifs et techniques des agents des préfectures était également concerné par une stagnation des rémunérations (formées du traitement indiciaire et du régime indemnitaire). Cela froissant d'autant plus que la charge de travail des agents augmente. Sur l'indemnitaire nous n'avons eu aucune augmentation, explique-t-elle. La situation dans les préfectures est catastrophique. Il y a beaucoup de burn-out. On manque d'agents. Et quand on recrute ce sont des contractuels. Sans compter les titulaires qui quittent le ministère pour aller travailler ailleurs.
Les militants de FO SIC, techniciens et ingénieurs du ministère, étaient également présents dans le cortège. Si plus aucun des 3 000 agents de ces services n'est en catégorie C et donc concerné par un traitement inférieur au Smic, les salaires d'entrée et l'évolution de carrière manquent cruellement d'attractivité. Nous n'arrivons plus à recruter des titulaires,Il a fallu baisser la note d'admission. Alors que sans nous, plus aucun service ne fonctionne.
La manifestation s'est achevée sur un appel à maintenir la pression. «Détermination et rapport de force» résume ainsi Un1té.MI FO. Cette journée ne doit pas être un simple coup de gueule, a revendiqué Grégory Joron. Elle doit être le point de départ d'une mobilisation durable parce que sans nous, policiers, administratifs, techniciens, scientifiques, ouvriers d'états, contractuels rien ne fonctionne.