L'InFO des CSE n°54

Rédigé le 24/03/2026
par Karen Gournay, Secteur de la Négociation collective et des rémunérations - CSE

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Éditorial par Karen Gournay, Secrétaire confédérale du Secteur de la Négociation collective et de la Représentativité

Une fois encore, vous vous êtes déplacés en nombre pour participer à ce rendez-vous annuel des élus CSE FO et j'en suis sincèrement ravie.

Ce moment est avant tout le vôtre, celui des représentants du personnel, celui de celles et ceux qui, chaque jour, font vivre le syndicalisme dans les entreprises et c'est ici, dans votre maison, la confédération FO, que nous avons choisi de nous retrouver.

À l'heure où les divisions de tous ordres se multiplient : divisions politiques, sociales, économiques, il est plus que jamais essentiel de préserver notre cohésion, notre collectif et notre détermination commune à défendre les intérêts des salariés car c'est unis que nous pouvons continuer à porter haut et fort nos revendications dans la fidélité à notre indépendance syndicale.

Cette édition revêt une signification toute particulière. Elle marque les 80 ans des comités d'entreprise devenus aujourd'hui comités sociaux et économiques, 80 ans d'histoire, 80 ans de luttes, 80 ans de représentation collective des salariés.

Rappelons-nous brièvement qu'à l'origine, en février 1945, dans une France qui sortait à peine de la guerre, le gouvernement provisoire de la République française adoptait l'ordonnance du 22 février 1945 instituant les comités d'entreprise. Cette ordonnance, portée notamment à l'époque par le ministre du Travail et par les forces syndicales de la résistance, dont la CGT-FO héritera de l'esprit libre et indépendant, posait un acte fondateur : celui de la démocratie sociale dans l'entreprise.

C'est cette ordonnance de 1945 qui a reconnu pour la première fois le droit des salariés à être informés et consultés sur la gestion et l'évolution économique de l'entreprise et à disposer d'un outil collectif pour défendre leurs conditions de travail, leur emploi et leurs droits sociaux.

Cette ordonnance a consacré l'idée qu'il ne pouvait y avoir de construction économique sans justice sociale, ni de performance durable sans représentants des travailleurs.

Depuis lors, les comités d'entreprise puis les CSE ont été de véritables bastions de la démocratie au travail, des lieux où s'expriment les voix des salariés, où se construisent les solidarités, où se portent les revendications; mais ils ont malheureusement aussi été la cible de nombreuses réformes souvent inspirées par une logique de simplification qui, en réalité, vise à affaiblir la représentation collective et à éloigner les salariés des lieux de décision.

Nous le savons tous ici, les ordonnances de Macron de 2017 en fusionnant CE, CHSCT et DP, ont profondément modifié le paysage du dialogue social : les moyens, les heures de délégation, les expertises, les budgets, les prérogatives. Tout a été resserré, concentré, parfois vidé de sa substance et pourtant, malgré ces reculs, les élus CSE FO résistent, s'adaptent et continuent d'agir pour les salariés.

C'est bien ce fil conducteur que nous voulons suivre aujourd'hui : comprendre d'où nous venons, mesurer le chemin parcouru et réfléchir à la manière dont nous allons pouvoir préparer l'avenir.

C'est pourquoi trois temps forts structureront cette journée : histoire, combats et avenir. Des échanges pluridisciplinaires nourris par des intervenants de qualité (universitaires, experts, praticiens) que je remercie chaleureusement pour leur présence et leur engagement et qui seront animés par notre camarade Renaud Bernard, journaliste à France Télévisions.

Mais surtout, cette journée est un moment de réflexion collective entre militants et élus Force Ouvrière pour partager vos expériences, vos difficultés, vos réussites, car c'est vous, mes camarades, qui, au quotidien, portez le syndicalisme dans l'entreprise.

Célébrer les 80 ans des CE/CSE, c'est aussi affirmer haut et fort que la représentation du personnel est un pilier de la démocratie sociale et que c'est un pilier qu'il faut défendre. Face aux réformes qui la fragilisent, face aux tentatives de contourner le dialogue social, nous devrons rester vigilants, déterminés et combatifs.

La représentation collective des salariés, le CSE, a un avenir, mais à condition de continuer d'en faire un contre-pouvoir, un rempart face à la précarisation, un outil de progrès social.

Camarades, les 80 ans que nous célébrons ne sont pas un aboutissement mais une étape dans une histoire qui continue et cette histoire, c'est à nous, militants et élus Force Ouvrière, de l'écrire, de la faire vivre et de la transmettre.

Alors, merci à toutes et à tous pour votre présence et je vous souhaite une très belle journée d'échanges et de réflexion.