Quatre restaurants McDonald's, situés à Paris en en banlieue, doivent être vendus à des entrepreneurs indépendants. Secrétaire fédéral de la Fédération générale des travailleurs de l'alimentation, des tabacs et des services annexes (FGTA FO), Lyes Abdi décrit les pertes d'acquis sociaux des salariés lors du passage en franchise et pose les revendications de FO.
Quatre restaurants McDonald's, à Paris et dans les Hauts de Seine, passent ou passeront prochainement en franchise, a appris la Fédération générale des travailleurs de l'alimentation, des tabacs et des services annexes (FGTA FO). Les restaurants situés avenue Victor Hugo (16e arrondissement de Paris), à proximité de la rue de Passy (16e), et à proximité de la gare d'Austerlitz (5e) ont été vendus il y a une quinzaine de jours. Il en sera de même pour le restaurant situé dans le quartier de Nanterre préfecture (Hauts de Seine), ont appris les élus du personnel lors d'un comité social et économique (CSE) qui s'est tenu le 13 octobre.
Les clients de l'enseigne américaine de restauration rapide ne feront peut-être pas la différence, les salariés si. Quand un restaurant est repris en franchise, le franchisé revient sur les acquis sociaux; la taille de son établissement le dispense d'une représentation syndicale; le CSE ne dispose pas de vraies prérogatives
, décrit Lyes Abdi, secrétaire fédéral de la FGTA-FO, ancien délégué syndical central (DSC) FO de McDonald's.
Quinze mois de sursis pour les salariés transférés
En effet, lorsqu'un restaurant propriété de McDonald's est vendu à un franchisé, les contrats de travail des salariés sont transférés chez leur nouvel employeur, un entrepreneur indépendant. Les salariés restent couverts pendant encore quinze mois par les accords sociaux négociés chez McDonald's, puis ces accords s'éteignent. Dans les filiales de McDonald's, les salariés bénéficient d'un 13e mois, d'un plan d'épargne d'entreprise avec abondement de l'employeur, d'une mutuelle intéressante, de jours enfants malades
, rapporte Lyes Abdi. Autant d'acquis qui disparaissent en même temps que les anciens accords collectifs. De plus, les salariés perdent leur représentation syndicale dans la mesure où l'établissement franchisé emploie moins de 50 salariés. Quant aux élus du personnel, ils sont en général choisis par l'employeur
, explique l'ancien DSC de McDonald's. Certes, certains franchisés pratiquent le dialogue social et conservent des acquis, mais c'est rare
. FO défend donc le modèle des restaurants gérés en direct par McDonald's.
90% des restaurants sont déjà franchisés
Mais ce n'est pas le modèle dominant. Sur les 1 600 «McDo» présents dans l'hexagone et employant 76 000 salariés, 90% sont des franchisés. Aux États-Unis, McDonald's s'est fondé sur la franchise
, rappelle Lyes Abdi. Cette même politique s'impose en France depuis une vingtaine d'années. En 2007, il y avait 300 restaurants
, illustre Lyes Abdi. L'intérêt, pour McDonald's est compagnie
en Île-de-France contre 50 actuellementd'augmenter sa rentabilité : les franchisés lui versent une redevance qui remontent ensuite à la maison mère
, explique-t-il.
En face, FO n'a pas de moyens pour empêcher les franchises, qui relèvent du droit commercial
, explique Lyes Abdi.
FO demande une clause sociale à l'image de Carrefour
En revanche, le syndicat avance plusieurs revendications dans le champ du code du travail.
A commencer par la mise en place d'une unité économique et sociale (UES) dès lors qu'un franchisé détient deux établissements
, fait valoir le secrétaire fédéral. Les établissements franchisés de l'UES seraient alors couverts par un seul CSE avec davantage de moyens et leurs salariés disposeraient d'une représentation syndicale.
Autre revendication : la négociation d'une clause sociale fixant un socle de droits pour les salariés des franchisés. FO l'a obtenue à Carrefour, où le syndicat est majoritaire. Les salariés de l'enseigne de grande distribution transférés dans un magasin en location-gérance conservent ainsi une protection sociale renforcée, un 13e mois, une prime de vacances, des frais de restauration avantageux... (lire l'InFO militante du 5 mai 2026). Pour faire avancer ces revendications, Lyes Abdi prévoit le blocage prochain d'un des principaux restaurants compagnie de McDonald's.