Les salariés n'ont pas à payer l'addition

Rédigé le 21/05/2026
par Valérie Forgeront, L'inFO militante

Le Premier ministre prévoit de présenter le 21 mai de nouvelles mesures d'aides à des secteurs professionnels impactés par la hausse des prix des carburants du fait de la guerre au Moyen-Orient. Ces mesures, prévues pour juin, seront encore une fois ciblées, prévient le gouvernement qui coupe court ainsi aux interrogations sur d'éventuelles mesures générales de soutien à l'ensemble des travailleurs. Mesures que demande FO. Protéger le pouvoir d'achat et renforcer les services publics ne sont pas des options mais des exigences immédiates , rappelait récemment FO, réagissant à la décision du gouvernement d'appliquer aux dépenses publiques un gel de six milliards d'euros. Quatre impactant la sphère de l'État et deux la Sécurité sociale. Et cela pourrait être plus, peut-on comprendre après les déclarations du Premier ministre le 19 mai. Pour l'instant, le gouvernement n'a pas divulgué les domaines visés. Il s'emploie en revanche à rappeler l'axe des économies budgétaires pour 2026 avec l'objectif de ramener le déficit public à 5% du PIB. Le 17 mai, interviewé par une chaîne nationale de télévision, le ministre de l'Économie, Roland Lescure, n'y allait ainsi pas par quatre chemins, déclarant : Le quoi qu'il en coûte, c'est terminé , le gouvernement n'est pas là pour faire des mesures généralisées .

Pour FO, il n'est ni acceptable socialement, ni soutenable économiquement que les salariés paient une nouvelle fois le prix des choix budgétaires actuels . Face à une croissance nulle du PIB au premier trimestre, le gouvernement a abaissé à 0,9% (contre 1%) sa prévision concernant la croissance 2026, tandis que les économistes la prévoient plutôt à 0,8%. Alors que les PSE se multiplient depuis deux ans, la fragilité de plus en plus patente de l'économie inquiète légitimement les travailleurs, lesquels redoutent de nouvelles conséquences sur l'emploi.

Le patronat sonne le branle-bas…

Ce ne sont en rien des divagations. Le 18 mai, l'OIT pointait ainsi les impacts de la crise actuelle sur l'emploi mondial. Quatorze millions d'emplois seront impactés en 2026, trente-huit millions en 2027 indique l'OIT, évoquant aussi la baisse des revenus et une remontée du chômage. En France, le chômage, à 8,1% au premier trimestre, affiche une aggravation de 0,7 point en un an. L'inflation est elle aussi en augmentation, à 2,2% en avril, cela incluant une hausse des prix des produits pétroliers de 8,2% après 17,1% en mars. Alors que la progression salariale reste faible, l'inflation vient ronger encore plus le pouvoir d'achat des rémunérations, déjà en mauvaise posture avant la crise. En toute logique, cela a des conséquences sur le moteur principal de la croissance, la consommation. Malgré une poussée de +0,7% en mars, celle-ci est en recul de 0,6% sur le trimestre. Elle était de seulement +0,4% fin 2025. Alors que ces difficultés de pouvoir d'achat perdurent, avec FO, les travailleurs revendiquent, entre autres, un blocage des prix et des hausses de salaires. De son côté, le patronat dans son ensemble s'alarme d'un éventuel gel ou rabotage des exonérations de cotisations sociales (représentant 80 milliards d'euros par an, toujours sans conditionnalité), notamment dans le cadre du plan d'économies de six milliards d'euros et alors que le Smic sera revalorisé en juin (de +2,41%). Le patronat a écrit au Premier ministre, le pressant de ne pas toucher à ces allègements. Il serait contre-productif d'aller chercher ces économies du côté des entreprises , indique-t-il. Les salariés devraient donc payer?