Présente comme chaque année à Paris au Salon international de l'agriculture, FO a paraphé un accord visant à améliorer les conditions de travail des salariés de la production agricole et ainsi à rendre plus attractifs les métiers de la branche.
Épidémie de dermatose nodulaire chez les bovins; contestation par la France de l'accord Mercosur signé par l'Europe; inquiétudes des producteurs face à la prochaine réforme, notamment budgétaire, de la PAC 2028-2034; inquiétudes aussi face à la crise internationale des droits de douane; une balance commerciale agricole limite déficitaire, des intempéries à répétition qui ont mis à mal entre autres les cultures… L'édition 2026 du Salon international de l'agriculture (SIA) s'est tenue du 21 février au 1er mars au Parc des expositions de Versailles, à Paris, sur fond de crises et inquiétudes diverses touchant le monde agricole.
Marqué par l'absence des bovins, le salon a néanmoins illustré encore l'importance économique des différentes filières et de leurs métiers. Comme chaque année, FO était représentée sur le salon via ses stands de la FGTA-FO et de FO-Agriculture. L'occasion notamment par cette présence de faire avancer des dossiers.
Le 25 février au matin, la FGTA-FO a ainsi signé sur le salon un accord-cadre sur les conditions de travail des salariés de la production agricole, indiquaient quelques heures plus tard, lors d'une conférence de presse, le secrétaire général de FO, Frédéric Souillot, et le secrétaire général de la FGTA-FO, Laurent Rescanières. FO, précise ce dernier, était précurseur
sur ce dossier, et cela face à un patronat qui longtemps s'est montré frileux à négocier, mais qui a compris l'importance de mesures capables de doper l'emploi dans un secteur qui en perd beaucoup actuellement. Le diagnostic a été partagé quant à la nécessité de donner de l'attractivité aux métiers agricoles
, confirmait Frédéric Souillot. Les mesures – qui étaient en négociation depuis trois ans – couvrent les questions de santé (port de charges lourdes, utilisation de produits chimiques…), visent à apporter une protection aux travailleurs isolés, traitent les questions de logement et de mobilité, intègrent les risques climatiques, ou encore actent d'un accompagnement de l'évolution des compétences via un volet formation. L'accord sera décliné sur le plan régional avec des mesures au moins du même niveau que celles signées.
Les inquiétudes reculent dans la filière cognac
Autre satisfaction pour la FGTA, l'accord salarial signé (fin janvier) au niveau de la branche (environ 1,3 million de salariés) avec une augmentation de 1,2% en linéaire sur l'ensemble de la grille en 2026. En trois semaines, on signe deux accords dans cette branche, ce n'est jamais arrivé
, soulignait Laurent Rescanières. Parmi d'autres accords salariaux, celui signé le 13 février dans la branche vins et spiritueux (CNVS) et qui acte une revalorisation au 1er février 2026 de 1,2% sur toute la grille avec un premier niveau porté à 1844 euros, soit 21 euros au-dessus du Smic. À noter encore que les inquiétudes dans la filière du cognac d'une taxation des produits par la Chine semblent heureusement reculer. Et c'est grâce à de nombreuses actions dans lesquelles FO a pris toute sa part, indiquaient Frédéric Souillot et Laurent Rescanières. Des représentants patronaux de la branche CNVS rencontrés sur le salon nous ont dit que grâce à notre solidarité collective, patronale et syndicale, on a réussi à faire plier le gouvernement chinois. Cela grâce notamment à une note élaborée ensemble, avec la confédération, et portée par le président du Medef, Patrick Martin. Pour l'instant, cela a donc permis de faire reculer l'arrivée de taxes chinoises. La filière cognac constate une perte d'emploi très minime, donc on a sauvé l'emploi sur le bassin cognaçais
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