Auchan Logistique : la double peine des salariés de Cournon d'Auvergne

Rédigé le 15/07/2026
par Thierry Bouvines, L'inFO militante

Le site d'Auchan Logistique à Cournon d'Auvergne dans le Puy-de-Dôme va fermer et la direction ne veut pas négocier un plan social pour les 184 salariés.

La vente de magasins Auchan à Intermarché fait de nouvelles victimes. Les 184 salariés du site d'Auchan Logistique à Cournon d'Auvergne (Puy-de-Dôme) ont appris, le 23 juin, que leur entrepôt fermera dans un an, en juin 2027. La logistique des magasins cédés sera traitée par Intermarché.

Aussi, selon la direction d'Auchan, l'entrepôt n'a plus suffisamment de magasins Auchan à desservir pour justifier son maintien, explique Karim Yamani, délégué syndical FO, majoritaire sur le site. Fin 2025, la famille Mulliez, propriétaire d'Auchan, a annoncé vouloir céder ses supermarchés à Intermarché.

Dans cette situation, le code du travail prévoit des licenciements dans le cadre d'un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE), assortis de mesures d'accompagnement négociées avec les syndicats. Sauf que la direction dit qu'elle ne peut pas faire de PSE, ni de plan de départs volontaires, ni de ruptures conventionnelles collectives, car elle doit déjà faire face à un PSE invalidé en appel, indique Karim Yamani (lire l'InFO militante du 26 janvier 2026). Selon le délégué FO, la direction ne veut pas ajouter du contentieux avec un nouveau PSE.

Pour de plus fortes indemnités supra légales

En attendant, les 184 salariés et leurs familles sont dans le flou et sans perspective, si ce n'est la restitution d'une expertise, prévue pour le 9 octobre. A défaut d'un PSE, les salariés sont couverts par un accord de gestion de l'emploi et des parcours professionnels (GEPP). Cette GEPP prévoit des indemnités de licenciement supra légales plafonnées à six mois de salaire pour 25 ans d'ancienneté détaille Karim Yamani.. Un tel accord est fait pour traiter des emplois sensibles et pour des salariés qui retrouveraient un travail rapidement, mais il n'est pas fait pour traiter des licenciements économiques, analyse le délégué FO. Or le marché de l'emploi n'est pas porteur actuellement dans le bassin de Clermont-Ferrand, poursuit-il. FO revendique donc pour les salariés licenciés des indemnités confortables, à la hauteur de leur investissement dans l'entreprise, et qui leur permettent de tenir s'ils ne retrouvent pas de travail.

Karim Yamani soupçonne la direction, lorsqu'elle prend prétexte du jugement en cours pour ne pas négocier un PSE, de jouer la montre afin que la baisse de l'activité du site réduise la capacité des salariés à créer un rapport de force. Ces derniers ont déjà bloqué l'entrepôt pendant 24 heures. Débrayages, filtrage des camions... Nous utiliserons tous les leviers à notre disposition pour obtenir satisfaction, promet Karim Yamani.