Croissance, consommation, inflation : des prévisions et des réserves

Rédigé le 26/02/2026
par Valérie Forgeront, L'inFO militante

Du mieux peut-être en 2026 mais la prudence est de mise : ainsi pourraient être résumés les prévisions et commentaires des différents observateurs économiques. Sur l'année 2025, le produit intérieur brut est en progression de 0,9% (après 1,1% en 2024), mieux que ce que prévoyait le gouvernement (+0,7%).

Pour cette année 2026, la croissance se situerait à ou autour de 1%, mais prudence, donc. Alors que la croissance est tirée traditionnellement, pour plus de la moitié, par la consommation des ménages, reste à savoir à quel niveau sera cette dernière. Cela avec en toile de fond une inflation attendue à 1,3%, contre 0,9% en 2025 selon la Banque de France. Si au quatrième trimestre de 2025 la consommation des ménages croît de 0,4%, après 0,1% au trimestre précédent, sur l'ensemble de l'année elle progresse de 0,4% contre 1% en 2024, constatait l'Insee dans son enquête du 30 janvier. Signe des difficultés des ménages, en décembre leurs dépenses de consommation étaient en repli de 0,6% en volume, après une baisse de 0,3% en novembre. Au dernier mois de 2025, note l'Insee, la consommation alimentaire a encore baissé, cette fois de 0,9%, celle des biens fabriqués est en fort recul, à -1%. Les dépenses dans le domaine textile et habillement ont diminué de 2,1%. Seule la consommation d'énergie est en hausse, de 0,8%.

Des salaires toujours à la traîne

Les ménages consomment moins, et lorsqu'ils le peuvent ils se constituent plus que d'habitude une épargne de précaution. Sachant que leur pouvoir d'achat apparaît plus que terne (en hausse de 0,1% par unité de consommation en 2025), du fait principalement de salaires dont la progression limitée n'a toujours pas permis de rattraper les pertes de la période de forte inflation de 2021 à 2023, la consommation des ménages est impactée. Ce pouvoir d'achat en berne est dû notamment au «faible dynamisme des prestations sociales», et «de la masse salariale», analyse l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE). En 2026, selon l'Insee, la consommation serait de 0,7% à l'issue du premier semestre. La Banque de France la voit à 0,8% pour l'ensemble de l'année, tout en mettant des bémols et en s'apprêtant à réviser ses prévisions à la baisse.