La lecture de cet excellent livre est un double dépaysement.
D'abord, il nous fait traverser l'Atlantique jusqu'à l'autre France : le Québec. Et cela commence par l'exotisme de la langue, de ces mots, à la fois proches et lointains, qui parsèment la narration, à tel point qu'on entend sourdre l'accent à travers les lignes.
Ensuite, il nous fait découvrir le monde quasi inconnu des vidangeurs, les éboueurs comme on dit par chez nous. L'auteur nous livre ainsi le témoignage d'une expérience pas ordinaire, qui se révèle pour lui pleine d'enseignements et de satisfaction.
Il croque une réalité brute, crue : le monde de la rue, des invisibles dont le métier ingrat les abîme davantage encore, physiquement comme psychiquement; celui des propriétaires des poubelles, acteurs sans conscience parfois de notre société de (sur)consommation.
Avec beaucoup d'humour, il partage son regard sur celle-ci, révélant ses failles au milieu de ses ordures, et nous brosse le portrait d'une communauté soudée, avec une identité forte et dont l'expérience célèbre
le beau geste, technique et efficace.
*Ordures! – Journal d'un vidangeur
Simon Paré-Poupart
Lux Éditeur – 140 pages, 14 euros