Des mesures montant encore d'un cran dans la sévérité et visant principalement les travailleurs (actifs et retraités) et assurés sociaux étaient redoutées.
- Les articles de L'InFO militante / InFO militante, Retraites, Gel des pensions, Impôt sur le revenu - IR , APL, Fiscalité, Indemnités journalières , Allocations familiales, Smic, Ondam, Secteur de la santé, Sécurité sociale, Protection sociale, Projet de loi de finances - PLF, PLFSS, Emploi, Salaire, Inflation, Insee, OFCEDes mesures montant encore d'un cran dans la sévérité et visant principalement les travailleurs (actifs et retraités) et assurés sociaux étaient redoutées. La présentation le 1er octobre par le gouvernement des projets de texte budgétaires pour 2027, projet de loi de finances (PLF) et projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS), a confirmé les craintes.
Le gouvernement qui fait le pari d'une croissance à 1% l'an prochain (quand la Banque de France évoque 0,9% et l'OFCE, 0,7%), soit le double sur score estimé en 2026, vise à ce que le déficit public (État, sécurité sociale, collectivités locales) soit ramené à 5% du PIB, contre 5,4%, au mieux, cette année.
Selon le scénario gouvernemental encore, l'inflation descendrait à 1,8% (elle est de 3% sur un an en septembre) ce qui doperait la consommation intérieure, notamment celle des ménages (prenant part pour plus de la moitié dans la croissance) qu'il estime en hausse de 0,8% sur l'année. Les dépenses de consommation des ménages sont en berne depuis des mois. Selon les derniers chiffres de l'Insee, elle avait reculé de 0,5% en août.
L'emploi serait toujours en repli (de 0,3%) mais les salaires, profitant au final de revalorisations en lien avec l'inflation, augmenteraient de 2,7%. Il y aurait donc un rebond du revenu disponible
assure, optimiste, le gouvernement qui revendique un projet possiblement réversible
, soit modifiable au fil des débats parlementaires qui vont s'ouvrir le 13 octobre. Modifiable mais en préservant le même niveau d'efforts sur les finances publiques, insiste Matignon.
Sphère publique : moins de dépenses et d'effectifs
Et ces efforts visés, via le PLF et le PLFSS, sont rudes avec l'annonce d'un plan global portant donc un «redressement» des comptes publics (pour parvenir à un déficit à 5% du PIB) à hauteur de 54 milliards d'euros (englobant recettes et dépenses), Ce plan comprend les mesures déjà engagées cette année (mesures sur les franchises médicales, déremboursements, réforme de l'Assurance chômage, gel de la revalorisation des allègements de cotisations patronale, …). Les «efforts» nouveaux concernant strictement 2027 serait donc de 43 milliards. Soit un projet dont la visée est inférieure d'un milliard à celle du plan, décrié de toutes parts, qu'avait présenté à la mi-juillet 2025 l'ex-Premier ministre François Bayrou.
Pour 2027, le gouvernement de Sébastien Lecornu propose diverses mesures de gels, désindexations et autres dispositions sévères. Est particulièrement visée la sphère publique. Ainsi les dépenses des ministères n'augmenteront pas, hormis celles de la Défense, et certains secteurs, tel celui du Travail devront les réduire de 2,5 milliards d'euros. Le PLF prévoit aussi un millier de fonctionnaires en moins, précisément 1076 (État et opérateurs compris).
Protection sociale : un dangereux régime
Est aussi droit dans le viseur gouvernemental la protection sociale. Pour cette dernière, avec l'objectif de diminuer de quelque dix milliards d'euros les dépenses de la Sécu, en agissant notamment pour 5,1 milliards d'euros sur le secteur de la santé (avec un Ondam, objectif national de dépenses d'assurance maladie, toujours étriqué, à 2%) et sur celui des retraites. L'objectif est de diviser globalement par deux le déficit de la Sécu.
Certaines causes notoires des difficultés des comptes sociaux, notamment le manque à gagner dû aux différents allègements (autour de 80 milliards par an) de cotisations sociales sur les salaires accordées, toujours sans contrepartie, aux entreprises, ne sont considérées encore que très timidement.
Comme en 2026, le gel de la revalorisation des allègements (dans le cadre de la revalorisation du Smic) serait reconduit en 2027, soit une réduction de 2,9 milliards d'euros du manque à gagner prévisible pour les comptes sociaux. Visant encore à réduire celui-ci de 3,7 milliards, Le gouvernement propose aussi (après les mesures de 2025 et 2026 qui avaient déjà diminués, un peu, les allègements généraux) de réduire la voilure de ces allègements sur les bas salaires, en prenant en compte les compléments de salaires (participation, intéressement et prime de partage de la valeur) dans l'assiette servant à les calculer. Le Medef est déjà vent debout et évoque la casse du moteur économique
en France. L'ex-CPME (devenue Les Entrepreneurs) peste contre l'augmentation du «coût» du travail. Saluée en revanche par le patronat, l'initiative du gouvernement concernant la surtaxe sur les bénéfices (au-delà d'un milliard ou de trois milliards d'euros) des grands groupes. Il propose de la réduire. Son rendement passerait de 7,3 milliards d'euros (estimés) cette année à 5 milliards en 2027.
Une sévérité à géométrie variable
Les travailleurs, du public et du privé, actifs ou retraités et l'ensemble des assurés sociaux, dont les plus modestes, apparaissent donc comme les principales cibles des efforts. Parmi les mesures, – pour certaines dévoilées déjà depuis des semaines, voire des mois – le gel des salaires indiciaires des 5,8 millions d'agents publics. Ce sera donc la quatrième année.
Le gouvernement propose aussi le gel des APL mais aussi des allocations familiales. Sont présentés aussi de nouveaux déremboursements, des transferts de remboursements de frais hospitaliers aux complémentaires (lesquelles seront encore taxées de 1,1 milliard d'euros), des mesures (renvoyées à une négociation) à hauteur d'un milliard d'euros sur les arrêts maladie, une économie de 700 millions demandée aux hôpitaux, une hausse de la fiscalité des indemnités journalières, etc.
A noter que les ménages à très hauts revenus (plus de 250 000 euros annuels pour une personne) verront en 2027 la «contribution différentielle» créée en 2025, reconduite. Le gouvernement en espère une recette de 600 millions. La recette espérée en 2026 était initialement de 1,5 milliard puis de 600 millions. En 2025, le rendement attendu était de 1,9 milliard. Il a été en fait de 400 millions. Récemment La Cour des comptes, (évoquant l'idée d'un retour à un impôt sur la fortune. Son rendement se situait autour de cinq milliards d'euros avant sa suppression en 2018) ainsi que le conseil des prélèvements obligatoires ont remis sur la table le débat sur la fiscalité des plus aisés et critiqué les mécanismes avantageux (via les niches fiscales) dont ils usent pour réduire leur impôt.
Retraités : FO lance une pétition
Dans ces projets budgétaires pour 2027, les retraités (plus de 17 millions de personnes) sont eux particulièrement dans le viseur gouvernemental. Les deux mesures les concernant (sans parler des mesures Santé qui les impactent de plein fouet) objectivent une économie de 5,5 milliards d'euros. Ainsi, ceux qui perçoivent jusqu'à 85% du Smic (soit 1260 euros, pension de base et complémentaire comprises) bénéficieraient d'une revalorisation de leur pension de base, indexée sur l'inflation, en janvier. Pour ceux qui perçoivent plus (soit les deux-tiers), le gouvernement souhaite un gel des pensions de base. Gel qui induirait une économie de 4,1 milliards. Il propose au Parlement de travailler à concevoir d'éventuelles revalorisations pour certains retraités, mais dans un cadre de désindexation. L'autre mesure, pour une économie de 1,4 milliard, est l'abaissement du plafond de l'abattement de 10% sur l'impôt sur le revenu. Il passerait ainsi de 4 439 euros à 3 000 euros.
L'Union confédérale des retraités (UCR) vient de lancer une pétition, s'opposant à ces mesures. Mais qui est responsable du déficit?
fulminent les retraités FO. Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Chaque année, l'évasion fiscale est estimée entre 80 et 100 milliards d'euros, les exonérations de cotisations sociales s'élèvent à près de 80 milliards (dont 20 milliards ne sont pas compensées, 200 milliards sont alloués aux entreprises sans aucune contrepartie… De tout cela on n'en parle pas : le mouton noir, ce sont les dépenses sociales : il y a trop de soins, trop d'allocations pour aider les familles, les retraites sont trop élevées… En 10 ans, l'inflation a progressé de 22,5%, alors que les pensions de base n'ont augmenté elles que de 17,2% durant cette période. Cela signifie que durant cette période, les retraités ont perdu entre 4 et 6 mois de pension. Faites le calcul : pour une pension de 1400 € par mois, la perte s'élève à 5 600 € sur 10 ans.
A noté que la pension globale moyenne en France est d'un montant de 1 575 euros nets.
Pour l'UCR les mensonges ça suffit!
. L'Union ira porter ses revendications aux députés chargés de voter le budget
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