En 2025, l'emploi salarié dans le secteur privé a reculé de 0,3% sur un an, soit 60 200 destructions selon l'Insee. Sur le terrain, les syndicats se mobilisent pour sauver les emplois, comme chez Fibre Excellence, ou pour arracher des conditions de départ dignes, comme chez Alinéa.
Avec 1 200 suppressions d'emplois, c'est un véritable tsunami social qui s'est abattu sur l'enseigne d'ameublement Alinéa. Sans repreneur crédible, l'entreprise a été liquidée le 31 mars par le tribunal des activités économiques de Marseille. Bien qu'Alinéa appartienne à la famille Mulliez, huitième fortune de France, l'enveloppe initiale dédiée aux indemnités supra-légales de licenciement s'est révélée inacceptable, au regard des moyens du groupe, a jugé le syndicat FO. La galaxie Mulliez est en effet composée de plus d'une centaine d'enseignes (Auchan, Leroy Merlin, Decathlon…), mais un montage juridique empêche de considérer les différentes entreprises comme reliées à un même groupe.
Cessation de paiement
Grâce à la mobilisation très médiatisée lancée par les camarades FO à partir du siège et du magasin d'Aubagne, l'enveloppe des indemnités est passée à plus de 10,7 millions d'euros. Selon le plan de licenciement qui vient d'être validé par l'inspection du travail, les salariés percevront entre 1 000 et 2 000 euros d'indemnités supra-légales par année d'ancienneté
, explique David Malézieux, secrétaire de la section commerce à la fédération FEC-FO.
Chez le fabricant de pâte à papier Fibre Excellence, FO se bat depuis plusieurs mois pour sauver les 700 emplois et les deux sites ― Tarascon et Saint-Gaudens ― et éviter une catastrophe industrielle, sociale et environnementale
. Le syndicat a appelé, dans le cadre d'une intersyndicale, à un nouveau rassemblement le 14 avril devant l'usine des Bouches-du-Rhône. La veille, l'entreprise s'était déclarée en cessation de paiement, ouvrant la porte à une possible procédure de mise en redressement judiciaire. Une audience est prévue le 21 avril au tribunal de commerce de Toulouse, et la décision attendue le 27.
L'entreprise, dont l'équilibre financier repose à la fois sur la vente de pâte à papier et sur la production d'électricité par sa chaudière à biomasse, est notamment confrontée à la hausse du prix du bois. Des discussions se poursuivent avec l'État. Le 10 avril, le ministre de l'Industrie a accepté, entre autres, de relever de 20% les tarifs de rachat de l'électricité. Mais ces récentes annonces ne lèvent pas l'inquiétude du syndicat FO quant à une possible mise en liquidation de l'entreprise.