Maxime Guilloux, un pompier dans la lutte pour les droits et les moyens nécessaires aux missions

Rédigé le 13/09/2026
par Ariane Dupré, L'inFO militante

Pompier au service départemental d'incendie et de secours (SDIS) des Côtes-d'Armor, Maxime Guilloux, militant FO, défend la cause de ces professionnels. Celui qui est aussi secrétaire général adjoint de FO-SDIS manifestera le 29 septembre à Paris dans un cadre intersyndical pour obtenir les moyens budgétaires que demande, en urgence, le secteur, particulièrement mis à rude épreuve cet été.

P ompier professionnel depuis seize ans au service départemental d'incendie et de secours (SDIS) des Côtes-d'Armor, d'abord à l'unité de Saint-Brieuc puis à celle de Guingamp, Maxime Guilloux est très engagé dans la défense de ses collègues. Déçu de son passage dans un autre syndicat, il a rejoint les rangs de FO en 2018. Élu FO au SDIS des Côtes-d'Armor, il siège notamment à la commission administrative paritaire (CAP). Maxime travaille à la défense des droits des pompiers professionnels, lesquels sont des fonctionnaires territoriaux. Son plus récent combat concerne les gardes. On fonctionne avec un régime de garde mixte, l'un propre aux pompiers et l'autre au versant territorial, avec des règles différentes. Le SDIS jongle de l'un à l'autre, et ça allonge le nombre de gardes et le temps de présence des collègues. Il faut éclaircir quel régime doit s'appliquer, explique le militant, qui a saisi le tribunal administratif de Rennes à ce sujet. L'affaire n'a rien n'anecdotique : les pompiers peuvent en effet effectuer légalement jusqu'à quatre-vingt-quatorze gardes par an. Être pompier, c'est un beau métier. On se sent utile. Mais le rythme, et en particulier les interventions de nuit, c'est fatigant, rappelle-t-il, évoquant ainsi les conditions de travail difficiles dans le secteur.

On veut des moyens pérennes

Ce père de trois enfants, qui fêtera ses 40 ans ce mois-ci, se bat aussi à l'échelon national pour les droits des pompiers. Entré au bureau de FO-SDIS en 2019, il en est le secrétaire général adjoint depuis 2020. Il a notamment planché sur l'évolution de la grille salariale des sapeurs-pompiers en 2022, un projet qui s'éternise avec les changements successifs de ministres de l'Intérieur.  On veut dynamiser la progression salariale. Faire en sorte qu'un pompier, dès qu'il encadre des équipes, puisse accéder à la catégorie B, ce qui n'est pas le cas actuellement. Le militant est aussi très impliqué au sein de l'intersyndicale des pompiers (neuf organisations dont FO-SDIS), qui s'est constituée lors du mégafeu en Gironde, et cela pour exiger plus de moyens. Le 13 août, Maxime Guilloux était dans la délégation reçue par le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez. Si le ministre a promis l'arrivée d'un projet de texte (il a été présenté en partie aux syndicats le 8 septembre) pour une modernisation de la sécurité civile ainsi que l'inscription dans le projet de loi de finances pour 2027 d'une augmentation des ressources des SDIS, ces réponses n'ont pas convaincu l'intersyndicale. Celle-ci a appelé à la mobilisation le 29 septembre à Paris, date d'une action nationale dans la fonction publique. Maxime y participera, en uniforme. L'intersyndicale a par ailleurs déposé un préavis de grève du 8 septembre au 20 octobre. On manque de tout : d'effectifs, de camions et d'équipements neufs. Nous voulons des engagements précis du gouvernement sur le financement des SDIS. On veut des moyens pérennes et nous resterons mobilisés, assure-t-il. La France ne compte que 44 000 pompiers professionnels (et 198 900 pompiers volontaires qui interviennent ponctuellement). Ce n'est pas assez, insiste le militant, pour faire face notamment aux incendies et aux inondations qui se multiplient du fait du changement climatique.