La fédération FO-Cheminots a lancé le 10 septembre, au siège de la confédération, sa campagne pour les élections professionnelles à la SNCF, qui se dérouleront fin novembre 2026. Un seul objectif, franchir enfin la barre des 10% de voix pour permettre à FO d'être représentative dans l'entreprise.
C'est devant une salle comble que la fédération FO-Cheminots a organisé, le 10 septembre au siège de la confédération, le meeting de lancement de sa campagne pour les élections professionnelles à la SNCF. Les militants, venus de toute la France, ont été plus nombreux que les 250 inscrits, à tel point qu'il a fallu rajouter des tables et des chaises en dernière minute. Preuve s'il en fallait de la combativité et de la motivation des camarades à faire entendre la voix de FO dans ce scrutin qui se déroulera du 19 au 26 novembre prochain.
Pour FO-Cheminots, l'objectif est de franchir enfin la barre des 10% de voix, seuil imposé par la loi sur la représentativité de 2008 pour qu'une organisation devienne représentative au sein d'une entreprise et puisse bénéficier de moyens en termes de droit syndical, notamment la capacité de participer aux négociations avec la direction.
L'enjeu est de taille. Ayant recueilli près de 8% des voix lors du précédent scrutin en 2022, FO-Cheminots n'est actuellement pas représentative au niveau de l'opérateur historique. Or le 23 septembre 2025, trois organisations représentatives ont signé un accord majoritaire sur le temps syndical à la SNCF, accord qui conduit à réduire de 56% les moyens de FO.
Nous contestons la loi sur la représentativité depuis 2008, mais elle s'applique
, a le secrétaire général de la confédération FO Frédéric Souillot, qui a apporté son soutien aux militants, en rappelant les valeurs de liberté et d'indépendance portées par l'organisation. Continuez à construire des listes. Car là où il n'y a pas de listes, on n'aura pas de voix
, a-t-il ajouté, en appelant de ses vœux un développement aussi dans le collège des cadres.
Six thèmes de campagne
Ce meeting a été l'occasion de présenter aux militants les différents outils servant à la campagne électorale. Six thèmes ont été retenus : les salaires, la retraite, le statut, les conditions de travail, les activités sociales et culturelles (ASC) et le vote FO. Ils sont déclinés sous forme de flyers, de tracts et de vidéos. Autant de thématiques pour rappeler les revendications de FO : des augmentations tous les ans et jamais en-dessous de l'inflation, la défense du régime spécial de retraite et son extension à tous les cheminots…
Sur le statut, nous refusons l'idée de mettre les salariés en concurrence les uns avec les autres, les anciens contre les nouveaux, les statuaires contre les contractuels, les salariés d'une entreprise contre une autre (…). FO revendique le statut des cheminots pour tous, quel que soit leur employeur
a notamment rappelé Christophe Prat, secrétaire général adjoint de la fédération.
Mais pour gagner des élections, c'est surtout sur le terrain que ça se passe, comme l'ont rappelé trois camarades invités à monter à la tribune pour témoigner des excellents résultats obtenus dans leur entreprise. Derrière chaque bulletin il y a un agent. Il faut aller à sa rencontre, savoir l'écouter et être empathique
, a ainsi expliqué Jean-Marc Plateau d'Eurostar bleu où FO a remporté 53% des voix aux dernières élections.
Chez Eurostar rouge (ex-Thalys), où FO est majoritaire depuis trois cycles électoraux, Stéphane Chanteur a recommandé d'avoir une ligne syndicale droite et claire et de s'y tenir. On dit ce qu'on fait et on fait ce qu'on dit
.
Quant à Rafik Tbatou, de chez DB Cargo, il a encouragé les camarades à se battre pour progresser, même sans moyens syndicaux. Parfois ça demande des sacrifices et de prendre sur son temps personnel. Chez DB Cargo, nous sommes passés de 12% en 2019 à plus de 52% aujourd'hui. Il ne faut pas se décourager ni jamais considérer une voix comme perdue d'avance. Nous avons peut-être moins de moyens syndicaux qu'hier, mais nous n'avons pas perdu notre capacité à faire du syndicalisme, nous n'avons pas perdu nos militants, nous n'avons pas perdu nos convictions, nous n'avons pas perdu le terrain, nous n'avons pas perdu les salariés, et ce sont eux qui décideront
, a-t-il lancé.
Gagner une centaine de voix par région
L'ancien secrétaire général de FO-Cheminots Eric Falempin, à la tête de la fédération de 1998 à 2014, est lui aussi venu porter un message de soutien aux militants. En 2009, avec la mise en application de la loi sur la représentativité, on a perdu la moitié de nos moyens syndicaux. Beaucoup prédisaient notre disparition. Ils se sont trompés
, a-t-il rappelé. En 2014, avec un score de 9.31% aux élections à la SNCF, il estime qu'il n'avait manqué de 600 voix au niveau national pour atteindre la représentativité, soit l'équivalent de 2 voix par établissement
. Chaque voix compte et aucune ne doit être considérée comme acquise. Il ne faut négliger aucun collègue et n'oublier aucun établissement
, a-t-il ajouté, en rappelant l'aide qui pouvait être apportée par les UD et les retraités.
Pour l'actuel secrétaire général de la fédération, Daniel Ferté, ce scrutin peut permettre à FO de franchir un cap historique
. Pour cela, le principal adversaire à combattre est, à ses yeux, la résignation
. Le taux de participation aux dernières élections était de 65%, en recul de 15% en 20 ans. On n'a pas besoin de convaincre tout le monde mais ceux qui hésitent, qui ne votent plus, ceux qui se sentent oubliés ou veulent autre chose. On a besoin de gagner 2% sur les 35% d'abstentionnistes. C'est à peine une centaine de voix par région. Soyons visibles, concrets et ambitieux. Cette fois FO peut devenir représentatif
a-t-il assuré, en rappelant que FO-Cheminot était devenue représentative dans la branche ferroviaire en avril 2025.


