Le syndicat FO d'AXA a signé, pour la première fois, un accord sur les salaires. Christophe Taudin, son délégué syndical central, explique le contexte particulier de cet engagement.
En 2026, la quasi-totalité des salariés «administratifs» d'AXA bénéficieront d'augmentations générales, contrairement à l'année dernière. L'ensemble des organisations syndicales représentatives de l'assureur, dont FO, ont en effet signé, fin décembre, l'accord salarial pour 2026 couvrant les 9 000 salariés non-commerciaux d'AXA France. Les commerciaux sont couverts par un autre accord, que FO n'a pas signé. S'agissant des salariés administratifs d'AXA France, qui représentent l'essentiel des effectifs, cette signature est une première pour FO, quatrième organisation syndicale. Un engagement par défaut
, précise néanmoins le syndicat.
Les cadres privés d'augmentations générales en 2025
Certes, l'augmentation de 2,3% de l'enveloppe dédiée aux salaires obtenue par les syndicats est tout à fait acceptable comparée à l'inflation du moment (+0,9%)
, explique Christophe Taudin, un des deux délégués syndicaux centraux FO. Mais les NAO pour 2026 intervenaient également dans un contexte particulier. L'année dernière, les syndicats avaient en effet, pour la première fois depuis 20 ans, majoritairement refusé de signer. La direction avait alors décidé unilatéralement d'appliquer une augmentation de 2%, inférieure à sa dernière proposition (2,3%), arguant d'une inflation à 1,3%. Cette décision de la direction avait privé les salariés de 1,5 million d'euros de budget d'augmentation et suscité la colère des cadres, qui n'avaient perçu aucune augmentation générale
, rappelle Christophe Taudin. Face à cette situation, les salariés et leurs syndicats s'étaient mobilisés en pétitionnant et en manifestant devant l'assemblée générale des actionnaires.
Sondage des salariés
Cette année, FO a sondé les salariés, qui n'imaginaient pas une deuxième année sans augmentation générale
, rapporte Christophe Taudin. Ne pas signer, c'était en outre prendre le risque que la direction ramène la hausse de l'enveloppe globale à +1,9% (son avant-dernière proposition), soit une perte de 2 millions d'euros pour les salariés par rapport à l'augmentation effectivement obtenue. Dans cette hypothèse, les salariés auraient perdu 380 euros de rémunération récurrente moyenne en deux ans. Une conséquence que FO a donc écartée en signant du bout des doigts
, selon l'expression utilisée dans le tract du syndicat.
Les effets de la mobilisation passée
La proposition de la direction est meilleure que celle de l'année dernière puisque l'enveloppe progresse dans la même proportion mais dans un contexte où inflation est inférieure
, analyse Christophe Taudin. Une attitude de l'employeur qui, selon lui, n'est pas étrangère à la mobilisation de l'année dernière mais aussi aux élections professionnelles qui auront lieu fin 2026. Dans cette perspective, la direction ne souhaite pas créer des mécontentements
, analyse le délégué FO. Pour autant, il souligne que l'entreprise aurait pu faire mieux, compte tenu de ses bons résultats financiers enregistrés années après années. De plus, nous aurions pu obtenir davantage d'augmentation générale pour les premiers niveaux cadres si un autre syndicat ne s'était pas engagé précipitamment
, regrette Christophe Taudin.
Au final, tous les salariés (sauf les cadres de direction) bénéficieront d'augmentations générales et les plus bas salaires sont assurés de bénéficier d'une augmentation minimum (lire l'encadré). La part des augmentations individuelles progresse en fonction du niveau hiérarchique. La consultation des salariés, à laquelle FO recourait pour la première fois à l'occasion d'une NAO, est un bon outil d'aide à la décision, , d'autant que les salariés ne sont pas toujours sur site puisqu'en télétravail
.
Dans le cadre de l'enveloppe consacrée aux augmentations, en progression de 2,3%, les salariés non-cadres obtiennent une mesure générale de hausse (AG) de 1,2% avec un minimum de 439 euros, et des augmentations individuelles (AI) dont l'enveloppe progresse de 1,1%. Les cadres de classe 5 (1er niveau) obtiennent 0,7% d'AG avec un plancher de 300 euros, et +1,6% d'AI. Ceux de classe 6 : +0,3% d'AG et 2% d'AI. Les cadres de direction (classe 7), une centaine de personnes, ne percevront pas d'AG mais +2,3% de leur enveloppe d'AI.


