Après une première session en janvier, la confédération organisera de nouveau une formation juridique sur les droits des travailleurs étrangers les 29 et 30 juin. Une initiative bien accueillie par les militants, confrontés à des difficultés accrues pour accompagner ces salariés.
L a loi sur l'immigration du 26 janvier 2024 et la circulaire du 23 janvier 2025, signée par l'ex-ministre de l'Intérieur, Bruno Retailleau, deux textes dénoncés par FO, ont considérablement durci les conditions de régularisation des travailleurs étrangers en France. Selon cette circulaire, ces derniers doivent désormais justifier de sept ans de présence en France, d'un niveau de français plus élevé et d'un bon niveau d'insertion, qui passe notamment par l'emploi. Face aux difficultés que rencontrent ces travailleurs pour être régularisés, la confédération a lancé une formation sur les droits des travailleurs étrangers, destinée aux militants FO des fédérations et unions départementales. Une première session comptant une trentaine de participants a eu lieu les 19 et 20 janvier. Et face à la demande, une autre se tiendra les 29 et 30 juin prochains. L'objectif est de donner à nos structures toutes les informations juridiques pour accompagner les travailleurs en difficulté, pour obtenir ou renouveler leurs papiers. Nous sommes très sollicités sur ces questions par les militants, en particulier dans les secteurs de la sécurité, de l'agriculture ou des transports. Dans les préfectures, les délais de régularisation sont beaucoup trop longs, et certains salariés perdent parfois leur emploi faute d'avoir leur titre à temps. Il faut pouvoir pousser leurs dossiers. Pour nous, les travailleurs étrangers doivent obtenir leurs papiers, c'est le moindre de leurs droits!
, souligne Patricia Drevon, secrétaire confédérale FO, chargée notamment des affaires juridiques.
Des infos précieuses pour aider ces travailleurs
Sur le terrain, les militants sont en effet confrontés à des difficultés très diverses. Et cherchent des solutions pour aider ces travailleurs : Chez nous, il y a beaucoup de salariés venus d'Afrique qui travaillent sous une fausse identité. Je suis contente car j'ai appris lors de cette formation qu'ils pouvaient faire des démarches pour récupérer leur véritable état civil, et ainsi récupérer leurs droits à la retraite ou au chômage. Jusqu'à présent, on me disait que ce n'était pas possible. Je pourrai appliquer ça dans mon entreprise, qui a plutôt tendance à appuyer ces dossiers
, témoigne Lellly Choupas, déléguée à la FGTA-FO et salariée dans une filiale du groupe Elior. Virginie Sudre, autre participante à cette formation, indique quant à elle qu'elle reçoit de plus en plus de travailleurs étrangers en grande précarité lors de ses permanences à l'UL FO de Bourgoin-Jallieu, dans l'Isère. On ne sait pas toujours comment les accompagner
, explique la militante. Travaillant dans une entreprise de logistique, la déléguée FO est aussi confrontée à ce problème : récemment, son employeur, pourtant d'assez bonne volonté, a dû licencier cinq salariés étrangers qui n'ont pas obtenu à temps le renouvellement de leur titre de séjour. Lors du stage, , j'ai appris qu'il était possible à ces travailleurs de demander un certificat provisoire en attendant leurs papiers, cela leur permettant de continuer à travailler. Je vais me servir de cette information et ainsi participer à ce que de tels licenciements ne se répètent pas.


