Conférence travail-emploi-retraites : pour FO, il faut clarifier l'objectif des débats.

Rédigé le 02/02/2026
par Ariane Dupré, L'inFO militante

Les ateliers de la conférence travail-emploi-retraites regroupant syndicats et patronat (sauf le Medef) ont démarré le 30 janvier. Le calendrier a été précisé. Reste que la finalité de cette conférence demeure très floue, là où FO souhaite des engagements du gouvernement à négocier à l'issue des travaux. Il faut des avancées, pas un simple relevé de décisions a souligné Pascal Lagrue, secrétaire confédéral, au nom de la délégation FO.

Le 30 janvier, dans le cadre de la conférence TER, sur le travail, l'emploi et les retraites, les organisations syndicales et patronales (à l'exception du Medef) ont participé aux premiers ateliers organisés. La délégation FO était représentée dans les six, couvrant les secteurs du public et du privé. Ces ateliers, qui couvrent les trois thèmes globaux de la Conférence TER s'accompagneront en amont de chacune de leur tenue d'une matinée où seront évoqués chacun des thèmes, en mêlant les dossiers tant du secteur privé que du secteur public. Les ateliers ont été répartis dans trois lieux : le CESE pour les retraites, Bercy pour l'emploi, et le ministère du Travail pour le travail.

Le programme de cette conférence a été précisé : les interlocuteurs sociaux se retrouveront un vendredi par mois jusqu'à l'été : le 20 février, le 13 mars, le 17 avril, le 22 mai, la date de juin restant à préciser.

L'agenda promet d'être dense. Seront abordés la prévention et la lutte contre l'absentéisme, la santé au travail, l'emploi des jeunes, la gestion prévisionnelle des parcours professionnels, le pilotage et la gouvernance du système de retraites, son financement… Le 30 janvier, les débats ont porté sur la solidarité intergénérationnelle du système de retraites, les adaptations de l'emploi face à l'intelligence artificielle et le dialogue professionnel dans le monde du travail.

On nous a présenté un rapport sur le dialogue professionnel. Nous, on veut bien, mais il n'est pas question qu'il se substitue au rôle des IRP en matière de dialogue social a réagit Pascal Lagrue, secrétaire confédéral FO, qui participait à cet atelier. Il a regretté en outre beaucoup d'éclairages théoriques, mais un manque de concret dans les débats, soulignant aussi la nécessité de réinterroger les ordonnances Travail qui ont fait disparaître les CHSCT

Pour FO, l'urgence c'est l'ouverture de négociations

FO déplore le flou artistique sur l'objectif de cette conférence. Sur ce point, les organisateurs n'ont rien clarifié : La méthode repose sur la concertation, le dialogue social. L'objectif n'est pas de se contenter d'un diagnostic partagé. En faisant intervenir des chercheurs lors de ces ateliers, l'idée est de permettre un peu de changer la donne, a expliqué le conseiller d'État honoraire Jean-Denis Combrexelle, coordinateur de la conférence. Tout en ajoutant que si cette conférence peut donner des idées aux partenaires sociaux de négocier, on sera ravis. Le livrable dépendra beaucoup de ce que les organisations syndicales et patronales arriveront à discuter ensemble. On verra si cela peut faciliter le dialogue social, notamment dans les branches a renchérit Pierre Ferracci, un des «garants» des travaux.

Des réponses loin de satisfaire FO, qui souhaite que le gouvernement s'engage à ouvrir des négociations à l'issue des débats. Chacun s'accorde à dire qu'il y a une urgence sociale dans ce pays. Pour nous, cette conférence doit permettre d'avancer sur des sujets transverses, pas d'aboutir à un relevé de décisions. Il ne faudrait pas qu'elle ne serve à rien. Or, on ne sait pas s'il y a une intention de transposer, ni quelle sera sa réelle finalité a insisté lors du point presse, Pascal Lagrue, au nom de FO. Il a notamment réaffirmé le souhait de la confédération que soit abordée la question des aides publiques, dont les exonérations de cotisations, bénéficiant, sans contrepartie, aux entreprises. .