Canicules, incendies : FO revendique des mesures plus contraignantes pour protéger les travailleurs

Rédigé le 11/09/2026
par Ariane Dupré, L'inFO militante

Au cours de cet été caniculaire, plusieurs réunions ont eu lieu avec le gouvernement et les syndicats, pour aborder la question du travail par fortes chaleurs et la protection des salariés impactés par les incendies en Gironde. Face aux canicules, FO a défendu l'inscription dans le Code du travail de seuils de température impliquant alors des mesures de la part de l'employeur. Et a obtenu qu'une attention particulière soit accordée aux saisonniers qui ont perdu leur emploi lors du méga-feu en Gironde.

Dans un été 2026 le plus chaud jamais enregistré en France, FO s'est mobilisée pour défendre les travailleurs éprouvés par la chaleur. Alors que les canicules sont amenées à s'amplifier avec le réchauffement climatique, la confédération veut des mesures fortes. Le 24 juin, lors d'une réunion des organisations syndicales avec le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou, FO a revendiqué des mesures immédiates pour protéger les salariés exposés aux fortes chaleurs, l'adaptation des organisations du travail et le renforcement des contrôles de l'inspection du travail. La confédération a rappelé la nécessité d'appliquer le décret et l'arrêté du 27 mai 2025, qui imposent des aménagements aux employeurs en fonction des vigilances canicule de indiquées par Météo-France.

Inscrire des seuils de température dans le code de travail

Mais la confédération souhaite aller plus loin. Dans le cadre du groupe de travail paritaire lancée par le ministre du Travail sur l'adaptation du travail face aux fortes chaleurs, FO revendique l'inscription dans le Code du travail de seuils de température : Le code du travail est trop taiseux. Il faut un seuil de température, minimal et maximal, pour obliger les employeurs à prendre des mesures plus contraignantes explique Yanis Aubert, secrétaire confédéral FO en charge de l'emploi.

Cet été, les militants FO sont aussi montés au créneau face aux manques d'équipement. Dans les établissements pénitentiaires, les syndicats FO ont alerté sur les conditions de travail des agents, en exigeant des contrôles et des espaces climatisés. Au CHU de Nantes, FO a lancé une grève le 19 juillet pour demander des climatiseurs et la réalisation de travaux d'isolation des bâtiments. Dans l'urgence, le gouvernement promettait la livraison fin juillet de 30 000 climatiseurs d'appoint pour les hôpitaux. Il faut un plan de contrôle des équipements qui ont été livrés, et un plan pluriannuel d'investissement dans les hôpitaux face aux vagues de chaleur défend Didier Birig, secrétaire général de FO SPS, critique envers le manque d'anticipation du gouvernement. La fédération revendique également une prime canicule pour les agents hospitaliers, demande restée lettre morte à ce jour.

Protéger les salariés au plus vite

Le 6 août, FO est également intervenu dans le contexte dramatique des incendies en Gironde et dans les Landes, lors d'une visioconférence organisée par le gouvernement avec les interlocuteurs sociaux. La confédération a demandé des mesures d'urgence pour les saisonniers dont l'activité s'est arrêtée nette en raison des incendies. En gironde, nous avons eu connaissance d'employeurs qui ont renvoyé les saisonniers chez eux en leur disant que leur travail était fini. Or, ces contrats de travail ont été signés et doivent logiquement être honorés par l'employeur, même en cas de force majeure explique Yanis Aubert.

In fine, dans les zones sinistrées par les incendies, le gouvernement a ouvert le dispositif du chômage partiel, (avec prise en charge par l'État à hauteur de 60% de la rémunération brute,) aux saisonniers dont le contrat de travail avait démarré. La mesure a été étendue à ceux dont le contrat de travail n'avait pas encore commencé, à condition d'avoir travaillé chez le même employeur en 2024 et en 2025.

FO a également plaidé pour accélérer le placement des salariés en APLD (activité partielle de longue durée), notamment dans les entreprises de moins de 250 salariés. La mise en œuvre du chômage partiel peut prendre du temps. Là, avec les incendies, il fallait protéger les salariés au plus vite souligne Yanis Aubert. Le gouvernement a choisi d'ouvrir le dispositif de l'APLD aux entreprises de moins de 250 salariés, situées dans les zones affectées par incendies. Ils percevront 60% de leur salaire brut. La défense des salariés impactés par les incendies est un enjeu considérable : selon le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, au 1er septembre, 25 000 salariés, en particulier dans l'hôtellerie-restauration, étaient concernés par le chômage partiel en Gironde.