Après des années de difficultés économiques et de choix stratégiques hasardeux, 358 emplois sont supprimés et la moitié des magasins ferment.
La marque subsiste, près de la moitié des magasins sont conservés (25 sur 52), mais seuls 184 salariés sur 542 sont repris. Pour le personnel de l'enseigne de linge de maison, de tissu d'ameublement et de décoration Bouchara, la décision du tribunal des activités économiques de Paris est tombée comme un couperet. La justice a acté lundi 11 mai que seule l'offre de reprise du fonds AA Investments – parmi une dizaine d'autres projets – semblait viable.
Cela fait cinq ans que les chiffres sont déplorables et deux ans qu'on n'a presque plus de clients, donc on s'attendait à des mesures. Mais cela reste brutal
, expose Magali Lallemand-Waltz, déléguée syndicale FO chez Bouchara. Une très grande colère
s'exprime dans les rangs des salariés. Cela fait longtemps qu'en interne, on a prévenu que beaucoup de choix stratégiques hors-sol étaient faits
, déplore la militante. Entre des choix de produits ne correspondant plus aux attentes des clients et une augmentation importante des prix, les ventes ont continué de dégringoler. Le pari de la montée en gamme, stratégie sur laquelle de nombreuses enseignes se sont cassé les dents ces dernières années, n'a pas été payant pour Bouchara.
Un PSE minimaliste et un avenir incertain
Les salariés repris par la société de gestion d'actifs hongkongaise AA Investments, qui s'est spécialisée ces dernières années dans l'acquisition d'entreprises en difficulté, ne sont pas pour autant confiants en l'avenir. On pense que le nouveau propriétaire va essayer de relancer la boîte en faisant beaucoup d'économies. On n'est pas du tout sûrs qu'il va résister plus d'un an ou deux
, pointe Magali Lallemand-Waltz.
Pour les 358 salariés laissés sur le carreau, présents pour beaucoup depuis des décennies, l'entreprise ne donnera rien de plus que le minimum légal. Un PSE au ras des pâquerettes, résume Magali Lallemand-Waltz. Bien qu'accompagnés par un cabinet d'experts et un avocat, on n'a absolument rien pu obtenir.
Depuis plusieurs années déjà, les NAO tournaient court. La déléguée FO pointe une continuité dans la perte d'empathie envers les salariés
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