À l'appel de l'intersyndicale à laquelle FO participe, les assistants d'éducation (AED) des collèges et lycées, aussi appelés surveillants ont organisé une mobilisation, dont une grève, le 2 juin. Ils exigent une revalorisation salariale, promise par le ministère, et la création de postes. Le SNFOLC appelle dès maintenant à des réunions locales afin de poser la question d'une grève dès la rentrée.
Ce mardi 2 juin, plus de 20% des assistants d'éducation étaient en grève
, selon les chiffres du ministère de l'Éducation nationale. Ces AED, que l'on surnomme parfois «surveillants» sont des personnels essentiels dans les collèges et les lycées : ils assurent des nombreuses missions comme l'encadrement et la sécurité des élèves, la gestion des absences et retards ou encore l'appui aux projets pédagogiques.
À l'appel d'une intersyndicale à laquelle participe FO via le syndicat SNFOLC (syndicat des personnels des lycées et collèges), les AED étaient mobilisés, revendiquant une hausse des salaires et la création de postes. Cette journée d'actions (rassemblements, manifestations, grèves, …) a été suivie sur le territoire, constate François Pozzo di Borgo, secrétaire général du SNFOLC. Des services de la vie scolaire ont été fermés dans une dizaine de collèges en Gironde, mais aussi dans le Tarn ou en Corrèze. À Toulouse ou à Rennes, des rassemblements se sont tenus devant les rectorats.
Pas de budget national dédié aux grilles d'avancement des AED en CDI
A l'instar de l'ensemble des personnels de l'Éducation nationale, les AED, (qui sont des agents contractuels de droit public recrutés par un établissement pour une durée de trois ans, renouvelable), sont impactés bien sûr eux aussi par l'inflation et notamment la forte hausse des prix des carburants, depuis la guerre au Moyen-Orient. La question de la hausse des salaires pour ces agents au statut précaire devient donc cruciale. Comme beaucoup, les AED sont touchés par l'inflation, mais leur rémunération ne suit pas
, déplore François Pozzo di Borgo. A noter qu'il n'existe pas de grille salariale nationale des AED contractuels, mais des grilles spécifiques dans chaque académie. L'intersyndicale revendique donc notamment la création d'une grille salariale nationale qui permettra une revalorisation des AED
.
Les tensions entre les syndicats de l'éducation et l'administration sont actuellement particulièrement fortes sur le sujet des AED. Et pour cause. Le 5 mai dernier, lors du CSA ministériel, l'administration a annoncé le gel de la mise en œuvre de la grille d'avancement des AED passés en CDI. Elle annonce encore qu'elle n'accordera aucun moyen budgétaire aux académies qui décideront de mettre en place une nouvelle grille d'avancement. Cependant, un décret, publié par le gouvernement en 2023, prévoit une revalorisation salariale pour les AED après trois ans de CDI. Difficile de compter sur les moyens propres des académies dans un contexte budgétaire d'austérité
, souligne François Pozzo di Borgo. Et le militant de noter encore : Il faut déjà six ans de CDD avant d'être titularisé en CDI, Et, pour avoir enfin une revalorisation, il faut donc neuf années de travail! Mais même ça, le gouvernement ne le respecte pas, alors que c'est lui qui est à l'origine du texte.
Des services de vie scolaire asphyxiés mais en première ligne
Pendant que le ministre affirme faire du climat scolaire une de ses priorités, les services de la Vie scolaire sont asphyxiés par le manque de moyens» et «rien n'est fait par le ministère de l'Education nationale pour permettre aux AED d'exercer leurs missions dans des conditions acceptables et décentes
, dénonce l'intersyndicale.
Alors que le ministre a d'ores et déjà prévu 4 000 suppressions de postes d'enseignants pour la rentrée 2026, la Vie scolaire n'a aucune création de poste prévue. Dans le contexte actuel, pas de création, cela signifie plutôt une diminution des postes
, pointe François Pozzo di Borgo. Or, Les services de Vie scolaire sont déjà à l'asphyxie : ils manquent cruellement de personnels pour remplir leurs missions
.
L'intersyndicale craint fort que les conditions de travail déjà difficiles
se dégradent encore du fait de l'absence de création de postes. Elle rappelle aussi que les AED se retrouvent souvent en première ligne, exposés aux risques
. Ainsi, en juin 2025, en Haute-Marne, une surveillante avait été tuée lors d'un contrôle des sacs devant un collège de Nogent.
Vers une grève à la rentrée de septembre?
Pour François Pozzo di Borgo, la mobilisation des AED participe de celle, plus globale, qui concerne depuis plusieurs mois l'ensemble des personnels de l'Education. Il faut davantage de moyens et d'enseignants pour apprendre dans de bonnes conditions, mais aussi davantage de personnels de Vie scolaire. Cela va ensemble.
FO appelle les assistants d'éducation à organiser des réunions sur tout le territoire, même si on sait qu'avec le baccalauréat, le calendrier est un peu difficile
. Il s'agit de dresser l'état des lieux des services de Vie scolaire et de s'interroger sur l'organisation d'une grève à la prochaine rentrée. Il faut créer un vrai rapport de force
, souligne le militant en évoquant le cas de l'Espagne. Après deux semaines de grèves, les enseignants espagnols ont obtenu des augmentations salariales importantes et des créations de postes. Ce rapport de force fonctionne. On en a l'exemple!


