Communiqué de la FEC-FO - Section Services branche de l'intérim
Force Ouvrière Intérim alerte une nouvelle fois sur la situation préoccupante en matière de santé et de sécurité dans le secteur du travail temporaire.
Selon les dernières données 2024, le secteur de l'intérim enregistre encore 37 241 accidents du travail et 85 décès (dont 52 sur le lieu de travail et 33 lors de trajets professionnels), pour environ 778 000 salariés.
Une baisse des accidents en trompe-l'œil
La baisse de 12% sur un an du nombre d'accidents du travail doit être relativisée. Elle s'explique en partie par la réduction du nombre d'intérimaires (-6% sur la période).
L'indice de fréquence reste extrêmement élevé (47,9), confirmant que les intérimaires demeurent bien plus exposés aux risques professionnels que la moyenne des salariés.
Des décès toujours trop nombreux
Avec 52 décès au travail en 2024 (après 63 en 2023), le niveau reste inacceptable.
Pour Force Ouvrière, ces drames ne sont pas une fatalité. Ils traduisent des défaillances persistantes en matière de prévention, de formation et d'organisation du travail.
Les intérimaires sont trop souvent affectés à des postes dangereux, sans formation suffisante ni connaissance des risques spécifiques.
Une accidentologie d'actualité
Ce contexte accidentogène a été illustré de manière dramatique par le décès d'un intérimaire de 23 ans, délégué par Randstad chez le client Lustucru (69), en qualité d'Opérateur conditionnement (atelier pâtes).
Affecté à une opération de nettoyage. Il a été retrouvé coincé dans la trémie haute du laminoir de sa ligne de production. Décédé sur place, une enquête est en cours afin de déterminer les circonstances exactes de cet accident.
Des conditions de travail à risque
Les principales causes d'accidents restent connues :
• Manutention manuelle (55%)
• Chutes (plain-pied et hauteur)
• Utilisation d'outillage
Les lésions concernent majoritairement :
• les membres supérieurs (39%)
• les membres inférieurs (26%)
• le dos (15%)
Ces chiffres confirment une exposition forte à la pénibilité physique, dans l'industrie et le BTP.
Le risque trajet largement sous-estimé
Avec 5 776 accidents de trajet et 33 décès, le risque routier constitue un enjeu majeur.
La multiplication des déplacements, la précarité des missions et la fatigue aggravent fortement l'exposition des intérimaires.
Des maladies professionnelles invisibilisées
Seules 1 147 maladies professionnelles sont recensées, dont une écrasante majorité de troubles musculosquelettiques.
Pour FO, ces chiffres sont largement sous-estimés : la discontinuité des parcours et la précarité rendent difficile la reconnaissance des maladies professionnelles.
Les revendications de FO Intérim
Face à cette situation, Force Ouvrière exige :
• Un renforcement immédiat des formations à la sécurité
• Une responsabilité accrue des entreprises utilisatrices
• Un meilleur encadrement des postes à risques confiés aux intérimaires
• Un suivi médical renforcé et continu
• Une reconnaissance facilitée des maladies professionnelles
• Un plan national dédié à la prévention dans l'intérim
FO Interim vient de signer un accord de branche concernant un nouveau dispositif de branche sur la prévention et la santé des salariés intérimaires. FO Interim s'investira au maximum pour essayer de sensibiliser les entreprises clientes et de travails temporaires d'apporter une vigilance accrue sur la sécurité des intérimaires.
FO Interim est contre une visite médicale en visioconférence car l'état de santé d'un humain ne se juge pas à la télé.
Le travail temporaire reste un secteur où la précarité se conjugue avec une forte exposition aux risques. Pour Force Ouvrière, il est urgent de mettre fin à cette logique qui fait des intérimaires une variable d'ajustement au détriment de leur santé et de leur sécurité.
La vie des travailleurs intérimaires ne doit plus être la variable d'ajustement du marché du travail.


