Déléguée syndicale fédérale à la FNAS-FO, trésorière du Syndicat départemental de l'Action sociale (SDAS), membre de l'UL… Isabelle Knockaert, auxiliaire de vie sociale à Lille (Nord) et militante très impliquée, place au cœur de son engagement l'amélioration des conditions de travail de ses collègues.
«Ce matin, je donnais une douche à ce monsieur de deux mètres, explique Isabelle Knockaert, déléguée syndicale FO de la Maison de l'aide à domicile à Lille. Malheureusement je ne le reverrai plus, il va être admis en Ehpad. C'est dommage, je l'aimais bien, j'étais la seule avec qui il acceptait de se laver.» Cette auxiliaire de vie sociale (AVS) depuis vingt-deux ans et mère de trois enfants adore son métier. Elle y a ajouté un engagement syndical fort, lequel, soutenu par 48 heures de délégation par mois, se concrétise par divers mandats assumés.
Isabelle est trésorière du Syndicat départemental de l'Action sociale dans le Nord (SDAS), élue au conseil fédéral de la FNAS-FO et membre de sa commission de contrôle des conflits. «Mais pour l'instant, je n'ai pas eu à connaître de conflit», indique celle qui est aussi, au sein de la fédération FO, négociatrice dans la branche de l'aide à domicile. Autre ajout à un emploi du temps déjà chargé, elle milite à l'union locale FO, où elle est également membre de la commission de contrôle des conflits. «Je suis quelqu'un d'actif, tout le temps, je ne pourrais pas m'arrêter», explique-t-elle.
Sa découverte de l'univers syndical remonte au début des années 2010. À l'époque, elle a déjà connu plusieurs employeurs dans le secteur de l'aide à domicile et en Ehpad. «J'ai été employée en tant qu'AVS mais faisant fonction d'aide-soignante, raconte-t-elle. Un jour j'ai découvert qu'une de mes collègues qui me demandait des explications sur sa fiche de paie était payée plus que moi alors que j'avais davantage d'ancienneté.» Ni une ni deux, elle interpelle la direction et demande à être rémunérée selon la même convention que sa collègue. «J'ai obtenu d'être payée sur la même grille, avec même un rattrapage de salaire.»
Lorsqu'elle quitte l'établissement pour retourner travailler dans le secteur de l'aide à domicile elle est approchée par un des syndicats de sa nouvelle association employeuse pour figurer sur une liste aux élections professionnelles. «J'étais à une position qui ne m'a pas permis d'avoir un siège, en revanche FO m'a repérée. Avec David Legrand, qui était alors le DS FO de la Maison de l'aide à domicile, on a discuté, je suis allée à des AG… J'avais envie de vivre quelque chose, je voulais aider les salariés alors je me suis lancée dans l'aventure.»
Enquêtes sur les accidents du travail
Le premier engagement sera de participer à la relance du SDAS-FO du Nord. Isabelle se serait bien vue archiviste au sein du syndicat mais ses compétences l'amènent sur un autre ter- rain. «Titulaire d'un CAP de comptabilité, je me suis retrouvée trésorière adjointe.» Auprès du trésorier, elle apprend alors toutes les notions comptables propres à un syndicat. Trois ans après, la militante devient trésorière. Le SDAS 59 reprend des couleurs, jusqu'à devenir le syndicat départemental FO de l'Action sociale qui rassemble le plus d'adhérents en France. «330 cartes à ce jour», souligne la militante avec fierté. «Entre-temps je n'ai pas vu les années passer.»
Les années passent cependant et les mandats syndicaux se multiplient pour lsabelle, très engagée pour la défense des conditions de travail des salariés du secteur. «En tant que déléguée syndicale j'aime beaucoup travailler en CSSCT sur les accidents du travail, explique-t-elle. Enquêter pour voir ce qui les a provoqués, vérifier si le professionnel était bien formé et l'appartement correctement aménagé... Physiquement, moi je suis bien démolie et j'aimerais que les plus jeunes ne subissent pas la même chose. D'autant qu'il existe aujourd'hui des moyens de prévention : lève-malades, tapis antidérapant, etc.»
Lorsqu'elle sera à la retraite, Isabelle n'abandonnera pas pour autant la vie syndicale. «La retraite, ce n'est pas pour tout de suite, mais lorsque j'y serai, j'adhérerai alors certainement à l'Union confédérale des retraités FO», prévoit la sexagénaire. Et puis avec trois petites-filles, deux chats, un oiseau et les polars qu'elle aime à lire et regarder sur petit écran, l'ennui ne sera toujours pas inscrit à son agenda.


